Scandale Norbourg

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 Jobboom revue à lire

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Enyl

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Date d'inscription : 14/01/2006

MessageSujet: Re: Jobboom revue à lire   Jeu 19 Nov - 21:16

Dossiers chauds


Scandale Norbourg


La bande à Vincent


Vincent Lacroix n'a pas fraudé 9 200 victimes à lui seul. Tout un organigramme lui est venu en aide, sciemment ou non.
Rédaction : Éric Grenier • Recherche : Marie-Hélène Proulx
Photo de Vincent Lacroix : Jacques Nadeau




Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 10
novembre-décembre 2009








Dans le scandale Norbourg, Vincent Lacroix n’a pas seulement volé 115 millions à 9 200 investisseurs, il a aussi volé le show. Pourtant, derrière le rideau, toute une ribambelle de personnages – certains louches, d’autres incongrus, innocents ou impliqués contre leur gré – ont animé l’univers de cette vaste fraude. Qui sont-ils? D’où venaient-ils? Quel était leur rôle? Quelle relation entretenaient-ils avec le maître des lieux? Comment ce dernier s’est-il servi d’eux afin de mieux se servir lui-même? Pourquoi certains ont-ils été blanchis tandis que d’autres font face à la justice?
Afin de mieux comprendre comment la supercherie de Lacroix a tenu la route aussi longtemps, une analyse de ce milieu de travail, en apparence normal mais dans les faits totalement dysfonctionnel, s’impose. Voici ce que nous ont appris les témoignages et la preuve déposée lors du procès de Lacroix en 2007.

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NORBOURG EN 8 DATES :



27 janvier 1998
Création de Norbourg, une société de services financiers et de gestion de portefeuille.
28 mars 2001
Norbourg se lance dans la distribution de fonds communs de placement et obtient plus de un million de dollars en déductions fiscales.
9 avril 2003
Début d’une vague d’acquisitions de firmes financières par Norbourg, dont Groupe Future, une société de gestion de portefeuille. Entre le 9 et le 19 avril, le nombre de représentants passe de 10 à 700. Le total de ces acquisitions s’élève à plus de 26 millions de dollars.
28 octobre 2004
L’Autorité des marchés financiers (AMF) institue une enquête sur Norbourg et Vincent Lacroix.
Juin 2005
Début de l’enquête de l’Équipe intégrée de la police des marchés financiers, qui a mené au procès actuel.
25 août 2005
Chute de Norbourg. Perquisition de l’AMF et des policiers aux bureaux de la société. La compagnie est démantelée, le scandale éclate.
Printemps et automne 2007
Procès au pénal de Vincent Lacroix. Reconnu coupable en décembre 2007 de 51 chefs d’accusation à l’égard de la Loi sur les valeurs mobilières. Sentence de 12 ans de prison, commuée à 5 ans moins un jour après appel.
14 septembre 2009
Début du procès criminel de Vincent Lacroix et cinq coaccusés. Lacroix plaide coupable. Il est condamné à 13 ans de prison le 9 octobre.

Serge Beugré

174 chefs d’accusation
Stratège financier de son état, Serge Beugré est une vieille connaissance de Vincent Lacroix. Ils avaient travaillé ensemble à la Caisse de dépôt et placement au début des années 1990, alors que Lacroix faisait ses premiers pas en finance à titre d’analyste à la répartition d’actifs.

Avant de devenir le numéro deux de Norbourg en 2002, Beugré a raffiné ses talents de stratège financier à la Banque nationale de Paris (de­venue PNB- Paribas). Dès sa nomi­nation comme vice-président et directeur général de Norbourg Services Financiers, il devient un des alter ego de Lacroix. Ses contacts en Europe permettent notamment à l’empire Norbourg d’étendre ses activités outre-mer.
Ce titulaire d’une maîtrise en fi­nances de l’Université de Sherbrooke serait aussi un oiseau de nuit : sous serment, Vincent Lacroix l’a identifié comme l’un des membres du commando chargé de produire de façon industrielle des documents falsifiés après les heures de bureau, jusqu’au petit matin. Un manège qui visait à satisfaire les inspecteurs de la Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ, devenue l’Autorité des marchés financiers). Malgré ses grandes facultés intellectuelles et sa fine connaissance des milieux financiers, il jure n’avoir rien compris de cette mascarade, ni en avoir saisi l’objectif.
Dans une poursuite intentée contre lui, le syndic de faillite de Norbourg réclame 656 000 $ obtenus, selon les demandeurs, «sans droit, illéga­lement et en fraude».
Même s’il a démissionné de toutes ses fonctions chez Norbourg au lendemain du début de l’enquête de l’Autorité des marchés financiers, en octobre 2004, Norbourg et Vincent Lacroix lui ont versé plus de 357 000 $ dans les mois suivants, dont 110 000 $ entre les 15 et 17 novembre 2004 seulement.

Jean Renaud

93 chefs d’accusation
Lors de la perquisition du 25 août 2005 dans les locaux de Norbourg, Jean Renaud s’est évanoui à la vue des policiers, qui lui intimaient l’ordre de ne plus toucher à son clavier d’ordinateur. Selon Philippe Terninck, ancien vice-président aux affaires corporatives de Norbourg et auteur de Dans l’antre de Norbourg (Éditions voix parallèles), Renaud travaillait à ce moment précis à une fausse déclaration d’impôts volontaire de 60 millions de dollars pour Vincent Lacroix (cette pratique permet à un citoyen en défaut face au fisc de régulariser sa situation). Objectif : camoufler au fisc le fait que les millions dépensés par Norbourg étaient l’argent des épargnants.
Employé du ministère des Finances en congé sans solde à partir de 2004 (il a été congédié en 2008), Renaud travaille sous les ordres de Vincent Lacroix de 2004 jusqu’en août 2005, comme consultant en tout et n’importe quoi. Pour ses services, il reçoit environ 460 000 $, directement ou par sa société Expert-Conseil inc.
Toutefois, des traces de Renaud existent chez Norbourg depuis 2001. À cette époque, il fait la promotion pour le ministère des Finances d’un programme de crédits d’impôts devant favoriser le développement d’une industrie de gestion de fonds au Québec.
Lors d’un salon d’épargne, il croise Vincent Lacroix, qui lui demande, en souvenir du bon vieux temps (ils ont étudié ensemble à l’Université de Sherbrooke), de l’aider à obtenir le plus de crédits possible pour Norbourg. Lacroix s’attend à recevoir 500 000 $... il en obtient un million. Selon Vincent Lacroix, Renaud a récolté 100 000 $ pour ses services, une somme que le pdg de Norbourg appelle son «ticket à l’entrée» pour ce programme fort généreux à son endroit.
Renaud est aussi poursuivi au civil par le syndic de faillite de Norbourg pour 421 000 $. Par ailleurs, il fait l’objet d’une poursuite pour fraude fiscale dans une affaire n’ayant aucun lien avec Norbourg. Il aurait été au cœur d’un réseau de petites firmes qui prétendaient faussement exploiter des sites de planification financière et aurait obtenu illégalement des déductions fiscales.

Félicien Souka

174 chefs d’accusation
Dans toute entreprise moderne de fraude à grande échelle qui se respecte, il doit y avoir un crack de l’informatique. Chez Norbourg, ce rôle aurait été rempli par le consultant externe Félicien Souka. Ses services ont été retenus une première fois pour déjouer les inspecteurs de la CVMQ, en 2002, et une deuxième fois lors de la reprise de l’inspection en 2003, jusqu’à la chute de Norbourg.

À la demande de Vincent Lacroix, Félicien Souka a créé un logiciel permettant à Norbourg de générer des répliques exactes de documents sécurisés d’institutions financières présentant des états de compte resplendissants. Afin de le soustraire aux regards indiscrets des collègues, qui commençaient à sérieusement l’indisposer, Lacroix affirme lui avoir acheté un bungalow à Candiac, d’où il effectuait ses tâches.
Pour soulager Souka de la culpabilité qu’il disait ressentir, Vincent Lacroix l’a gratifié de quelque 200 000 $, en plus de son salaire annuel de 60 000 $ et du bungalow. Le syndic de faillite lui réclame quelque 250 000 $. Souka poursuit quant à lui Lacroix pour atteinte à sa réputation et réclame 2,8 millions de dollars. À ne pas inviter au même conventum.

Jean Cholette

150 chefs d’accusation
À son embauche, en 2001, ce résident de Châteauguay rédige lui-même son contrat de travail et s’affuble du titre de vice-président aux finances. Le problème : Cholette ne possède ni formation ni compétences en comptabilité. Sa qualification professionnelle se résume à deux ans de cégep en informatique et au travail de représentant d’un logiciel de comptabilité, période pendant laquelle il rencontre Lacroix, son principal client.

Peu importe! Son titre prestigieux lui donne notamment la main haute sur la «petite caisse», dans laquelle Lacroix puise pour ses nombreuses dépenses personnelles, comme les joyeuses virées au club d’effeuilleuses de luxe Chez Parée.
Cependant, son règne vice-présidentiel est de courte durée : les autorités s’inquiètent de sa compétence pour un tel titre, et il est recalé dès 2002 au poste de contrôleur. Il procède alors aux inscriptions comptables de la majorité des entreprises du Groupe Norbourg, cosigne certains chèques, fait des transferts bancaires et s’occupe de différentes paperasses. Il est resté fidèle à Vincent Lacroix jusqu’à la dernière seconde.
Cholette a déclaré faillite le 31 mai 2007. Sa formation scolaire limitée fait dire au juge Richard Wagner, dans une décision rendue en mars dernier, que bien qu’il ne soit pas démuni intellectuellement, son manque d’instruction et de connaissances le rendent admissible à l’aide juridique.

Rémi Deschambault

131 chefs d’accusation
Personnage dans un rôle clé s’il en est : celui du vérificateur externe. C’est par l’entremise de Rémi Deschambault, comptable agréé, que certains voyants rouges auraient dû clignoter, signalant des anomalies sévères dans le déroulement des affaires de Norbourg. Pourtant, tout au long de ses contrats de vérifi­cation chez Norbourg, de 1999 à 2005, c’est le blackout. Aucun des rapports de vérification externe produits par Deschambault et destinés aux autorités financières ne révèle quelque manque que ce soit. Tout est parfait, estampillé Rémi Deschambault.

Le syndic de faillite chargé de l’affaire Norbourg espère récupérer les 954 000 $ qui lui auraient été versés indûment. Notamment une partie du fruit de la vente à Lacroix de son édifice du Vieux La Prairie, en 2004, pour une somme de 1,4 million… alors que l’évaluation municipale oscillait autour de 325 000 $. D’après le syndic de faillite, Lacroix aurait gonflé le prix d’achat pour remercier Deschambault de sa constante complaisance. Deschambault est aussi poursuivi par le syndic pour non-paiement de loyer : après la vente de son immeuble, Deschambault a continué d’y loger sa firme sans verser un sou à Norbourg.

Éric Asselin


Qui est Éric Asselin? Une bonne âme piégée au cœur d’une histoire insensée comme il le clame, ou un larron qui sait toujours saisir l’occasion? Quoi qu’il en soit, le rôle joué par cet ancien inspecteur à la CVMQ dans la fraude de Norbourg est assez important pour qu’Asselin soit aujourd’hui le principal délateur dans l’affaire. Grâce à cette nouvelle affectation professionnelle, il a obtenu l’immunité criminelle, pénale et civile. C’est un peu moins que le million de dollars et le job à vie dans la fonction publique fédérale qu’il exigeait en échange de ses confessions, mais encore mieux que le banc des accusés.
La collaboration entre Vincent Lacroix et l’inspecteur remonte à mars 2001. Asselin, comptable général accrédité de formation, surveillait alors pour la CVMQ une firme de fonds communs de placement en difficulté. Lacroix voulait s’en porter acquéreur afin que Norbourg puisse à la fois profiter de ce lucratif marché et obtenir la licence de gestionnaire de fonds communs que détenait la firme. Finalement, Lacroix n’a pu racheter la firme en difficulté, mais il a quand même obtenu une licence de gestionnaire de fonds communs auprès de la CVMQ, grâce aux interventions d’Asselin.
Malheureux dans son job de fonctionnaire, Éric Asselin recevait l’automne suivant une invitation de Lacroix à entrer au service de Norbourg, ce qu’il a fait officiellement en mars 2002. Mais avant de faire le saut, il a pris soin de réclamer un boni de signature de 120 000 $ sous forme de traite bancaire, alors qu’il était toujours employé de la CVMQ et responsable des dossiers de Norbourg auprès de l’organisme réglementaire. Le mode de versement de ce boni s’est révélé plutôt singulier : retrait des comptes de Norbourg, puis dépôt dans le compte personnel de Vincent Lacroix, puis traite bancaire remise à l’inspecteur. Ainsi, Éric Asselin n’apparaissait pas officiellement sur le payroll de Norbourg. Une opération qui pouvait ressembler davantage à un prêt qu’au paiement d’un revenu imposable. Précisons : avant d’œuvrer à la CVMQ, Asselin était enquêteur à Revenu Québec.
Nommé vice-président aux finances de Norbourg, un poste qu’il a occupé jusqu’en février 2005 (même s’il était déjà en pourparlers avec la GRC depuis novembre 2004), il a été rémunéré 60 000 $ par année, en plus d’avoir encaissé deux bonis de 120 000 $ chacun. Après sa démission, Norbourg a aussi versé 830 000 $ à la firme de consultants qu’il a créée, pour des services rendus entre février et août 2005.
Les huissiers chargés de retracer les restes de Norbourg ont saisi l’été dernier 115 000 $ en argent liquide dans un coffret de sûreté inscrit au nom de la mère d’Éric Asselin. Plusieurs billets étaient salis par de la terre, laissant croire que le magot ait pu côtoyer quelques racines de pissenlits dans la cour arrière de sa résidence de Beauport durant une certaine période, avant de prendre le chemin de la banque.
Lui et Vincent Lacroix sont désormais en froid.

David Simoneau


Jeune, sans diplôme mais plein d’ambition, de débrouillardise et d’intelligence, le cousin de Vincent Lacroix (il est le fils de Robert Simoneau – voir Les incorruptibles) s’est joint à Norbourg tout au début de l’aventure, en 1998. Aux yeux du patron, il avait un atout de taille dans son jeu : un drop-out, ça ne coûte pas cher à l’entreprise. Peu à peu, il est devenu l’un des plus intimes partenaires de la fraude : c’est lui qui transmettait les instructions de Vincent Lacroix au gardien de valeurs Northern Trust, l’institution chargée de veiller à la protection des placements des petits épargnants dans Norbourg, mais qui fut facilement bernée. Son talent d’autodidacte lui permettait de produire des rapports fictifs dans lesquels il blanchissait les activités financières de Norbourg.
Dire qu’il en connaît un rayon sur les us et coutumes de Norbourg est un euphémisme. C’est pour cette raison que la GRC a réussi à le recruter dans son équipe de délateurs, en échange de l’immunité complète. Reconnaissant, David Simoneau a offert son entière collaboration aux autorités.

Jean Belval


Le passage éclair de cet ancien agent secret de la police de Montréal chez Norbourg comme démarcheur a permis à Vincent Lacroix de mettre la main sur le Groupe Future, une société de distribution de produits de placement créée par des anciens représentants du Groupe Investors, en 2003. Jean Belval n’est pas étranger aux tribunaux : congédié en 1995 par le SPVM après avoir trempé dans différentes opérations immobilières ayant mal tourné pour des investisseurs, il a également été reconnu coupable d’avoir utilisé frauduleusement des informations du Centre de renseignements policiers du Québec en 1998.

Mario Bright


Mario Bright, un fugitif recherché par les autorités canadiennes dans une affaire similaire à celle de Norbourg (le détournement de 86 millions de dollars provenant d’inves­tisseurs par Triglobal), a aidé Vincent Lacroix à obtenir un fonds commun clé en main aux Bahamas, disposant de toutes les accréditations de la commission des valeurs mobi­lières locale. Le projet n’a cependant jamais démarré, car trop complexe à gérer au goût de Vincent Lacroix. Dans cet échange de bons procédés, Mario Bright a tout de même pu réaliser un faux stage chez Norbourg afin d’obtenir une licence de l’Autorité des marchés financiers, au Québec. Il aurait fui en Crête, selon le quotidien The Gazette.

Me Robert Hindle


Cet avocat spécialiste dans les affaires à l’international n’était pas seulement respon­sable des activités de Norbourg dans les paradis fiscaux. Il est aussi intimement lié à une mystérieuse disparition : celle de deux millions de dollars dont les autorités ont perdu la trace quelque part aux Bahamas. Ainsi, quelques semaines avant les perquisitions d’août 2005, l’avocat montréalais a transféré ce petit magot issu des comptes de Norbourg dans l’archipel paradisiaque, avec la permission de Vincent Lacroix. L’avocat est d’ailleurs poursuivi par le syndic afin de récupérer cette somme. Me Hindle a été présenté à Lacroix par Mario Bright. Outre cette gênante célébrité liée à Norbourg, Me Hindle s’est fait con­naître pour avoir subi la première greffe simultanée du pancréas et du rein jamais faite au Canada.

Claude Boisvenue


Reconnu en 2001 comme le meilleur gestionnaire de fonds au Québec, Boisvenue s’est joint à Norbourg en 2004, impressionné qu’il était par la qualité de l’entourage de Lacroix (!). En 2004, il a cédé à Norbourg ses firmes de gestion de fonds, SPA et Services financiers Dr, dont la clientèle était majoritairement composée de médecins. En échange de quoi il a reçu 4,3 millions de dollars, une somme jugée nettement trop généreuse par le milieu financier.
Les clients de Boisvenue ignoraient toutefois que leur argent était désormais à la portée de la main baladeuse de Vincent Lacroix. En effet, la vente des sociétés de Boisvenue n’a été annoncée que plusieurs mois après la transaction, et en des termes qui divergeaient de la réalité : on faisait état d’une «fusion» et non d’une acquisition. Cette transaction a permis à Vincent Lacroix de puiser à même les économies des clients de Boisvenue afin, entre autres, de payer ses arrérages personnels envers le fisc (une facture de sept millions de dollars) et de s’offrir une auberge à Magog.

Eric Streel


En sa qualité de démarcheur et d’ami d’enfance de Lacroix, il a apporté au moulin de Norbourg plusieurs comptes clients, dont ceux de 13 représentants aujourd’hui poursuivis par l’AMF pour conflit d’intérêts dans le dossier de Norbourg. Une activité qui lui a valu des émoluments de 566 000 $ entre 2002 et 2005. Toujours à la même période, son démarchage à l’international lui a permis d’obtenir un autre demi-million de dollars, versé à sa demande non pas à son nom, mais à celui de Dominion Investments, à Nassau, aux Bahamas, révèle l’interrogatoire de Lacroix par des juricomptables. Il s’agit de la firme du Québécois Martin Tremblay, reconnu coupable de blanchiment d’argent aux États-Unis.
Vincent Lacroix lui a par ailleurs prêté 200 000 $ en 2004 afin qu’il puisse se construire un nid douillet à Magog, étant donné qu’aucune institution financière n’a voulu prendre le risque de lui faire crédit. Tous ignorent, Vincent Lacroix compris, si le prêt a depuis été remboursé.
Streel était un habitué des légendaires équipées de Team Norbourg en Suisse, où à sept ou huit occasions, la bande à Vincent a dépensé plus de 47 000 $ au Dancing Embassy de Fribourg, un club de la trempe de Chez Parée, doublé d’un hôtel. Lors d’une de ces tournées suisses en 2002, Streel, Lacroix, Asselin, Beugré et comparses étaient accompagnés de deux jeunes dames salariées de Chez Parée, chaperonnées par Gilles Hallé, un portier du club aussi chauffeur et homme à tout faire de Vincent Lacroix.

Jean Hébert


Vice-président à la conformité à l’automne 2004, il est promu vice-président aux finances en juin 2005, en remplacement d’Éric Asselin, quelques semaines avant que le scandale n’éclate. Tout comme ce dernier, il est un ancien employé de la CVMQ, analyste en fonds communs de placement. Dès son embauche, il doute. Ainsi, après avoir réussi à déjouer les systèmes informatiques de la société – on lui en interdisait l’accès, malgré ses hautes fonctions –, il découvre, en juillet 2005, des transferts de fonds considérables qui lessivent ses dernières illusions : il porte plainte à la GRC, laquelle lui demande de demeurer en poste pour ne pas compro­mettre l’enquête déjà en cours depuis la signature du contrat de délation avec Asselin.

Gabor Mathyas


Sentant qu’il y avait anguille sous roche, cet ami intime de Lacroix et ingénieur de formation recyclé dans la planification financière a démissionné de Norbourg en 2001. L’absence de réunions des conseils d’administration de différentes filiales de Norbourg ne lui disait rien de bon. Mais Lacroix l’a fait «travailler» pendant plusieurs années encore… Il est demeuré officiellement à l’un des conseils d’administration de Norbourg, à son insu, jusqu’au 25 septembre 2002, alors que Vincent Lacroix faisait produire de fausses résolutions imitant sa signature. Lacroix lui a même fabriqué une fausse lettre de démission, afin de faire croire qu’il était parti plus tard qu’en réalité. Gabor Mathyas a été l’un des actionnaires fondateurs de la société, ayant injecté son argent et celui de ses proches dans trois fonds de Norbourg pour permettre leur démarrage, en 1999. Il a réussi à éviter la débandade de 2005 en retirant tous ses placements et ceux de ses proches, quelques années auparavant.

Pierre Therrien


Ce spécialiste en stratégies de placement aurait pu gagner un salaire dans les six chiffres dans n’importe quelle autre entreprise, mais «l’oc­casion Norbourg», il y croyait tellement qu’il a accepté un salaire annuel de 32 000 $ à son entrée en 2000. Que les stratégies de placement qu’il avait lui-même développées puissent être mises à l’épreuve le réjouissait : «J’avais confiance en mes moyens, je faisais ce que je voulais avec ma carrière», a-t-il témoigné lors du procès pénal de Vincent Lacroix. Mal lui en prit, car ce sont ses modèles d’investissement qui permettaient à Norbourg d’avoir l’air en règle devant un gros client institutionnel, dont une des unités financières avait investi 20 millions dans Norbourg. Par la suite, bien que son salaire n’ait pas réellement augmenté, il a reçu suffisamment de bonis liés à sa performance pour compenser, soit plus de un million de dollars entre 2000 et 2005. Il a toutefois perdu les 400 000 $ qu’il avait placés dans Norbourg.

Michel Fragasso


Ce libéral notoire et candidat malheureux aux élections fédérales de 2004 a agi cette même année à titre de conseiller externe auprès de Norbourg, après que celle-ci eut acquis Teraxis, la société qu’il dirigeait, de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Selon les prétentions de Lacroix, c’est cette transaction qui aurait coulé Norbourg et l’aurait poussé à com­mettre l’irréparable. Le syndic de faillite a récupéré 150 000 $ des 300 000 $ qu’a reçus Fragasso pour ses services chez Norbourg durant cette année électorale. De plus, pendant cette même période, de nombreux chèques de 5 000 $ faits à l’ordre du Parti libéral du Canada, et signés par plusieurs membres de l’entourage de Vincent Lacroix, ont été versés en soutien à la campagne de Fragasso, qui a toujours clamé en avoir ignoré l’existence. En décembre 2004, le PLC a remboursé 20 000 $ à Norbourg. Depuis, Fragasso a des problèmes avec le fisc concernant les 300 000 $ de revenus qu’il a tirés de Norbourg.

Mario Lavallée


«Pas très structuré.» C’est en ces termes qu’il a qualifié Vincent Lacroix, son ancien étudiant à l’Université de Sherbrooke lors du procès au pénal de Lacroix en 2007. Le professeur d’économie a aussi supervisé le futur patron de Norbourg lorsqu’il débutait dans les années 1990 à la Caisse de dépôt et placement.
Ne détenant pas personnellement de permis pour gérer certains types de fonds, Lavallée s’est investi dans l’aventure de Vincent Lacroix afin d’exercer ses talents de gestionnaire avec la licence de Norbourg. Jouissant d’une réputation béton dans le milieu de la finance, affable, il n’aime pas la chicane. De sorte que malgré sa démission à titre de président de différentes compagnies de Norbourg, il est demeuré au sein de la société comme simple gestionnaire de fonds. Il a géré l’un des seuls fonds rentables – sinon le seul – de Norbourg. Dans les heures avant la descente policière du 25 août 2005, Vincent Lacroix s’apprêtait à lui retirer ce mandat afin d’en prendre le contrôle et de le vider, selon Philippe Terninck. Par contre, ses REER et ceux de son épouse, investis dans Norbourg, ont moins bien fait : ils font partie des 115 millions de Norbourg évaporés.

Michel Martin


Ce comptable irréprochable, responsable de la tenue des registres concernant les transactions avec les clients de Norbourg, a eu le choc de sa carrière quand il a constaté après coup qu’il avait compté de l’argent… qui n’existait pas. Ainsi, après avoir obtenu le mandat de la firme Ernst & Young de faire la lumière sur l’état réel des fonds gérés par Norbourg après les perquisitions d’août 2005, un trou de 130 millions de dollars s’est ouvert sous ses yeux et ceux des 9 200 victimes.

«Mononcle» Robert Simoneau


L’oncle de Vincent Lacroix et père du délateur David Simoneau est un homme d’affaires réputé. Il a été la bougie d’allumage de Norbourg à la fin des années 1990, lorsqu’il a consenti à son neveu des prêts et des parts d’investissements de 150 000 $ dans ce qui allait devenir l’empire de Lacroix. Deux versions s’affrontent quant au scénario de la rupture entre l’oncle et son neveu : selon Philippe Terninck, elle aurait été provoquée par le fiasco administratif que représentait déjà Norbourg en 2003 aux yeux de Simoneau. Selon la version de Lacroix, c’est à la suite de la proposition amicale du neveu que Mononcle aurait vendu ses parts dans Norbourg à Vincent Lacroix à l’automne 2003, pour 600 000 $. Aucun contrat n’a cependant validé cette entente, sauf l’émission de chèques, de sorte que Simoneau s’est vu réclamer cette somme par le syndic. L’entreprise principale de Simoneau, Ventilation RSR, a été le troisième fournisseur en importance de Norbourg, avec des services facturés atteignant 671 000 $.
Durant le procès au pénal de Lacroix, preuve a été faite que ce dernier a forgé, ou fait forger, la signature de son oncle sur divers documents, dont un daté de 2001. Cela a permis à Lacroix de siphonner les comptes de Norbourg à sa guise, et à l’insu de son oncle.

- Tout sur Vincent et sa bande


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MessageSujet: Jobboom revue à lire   Jeu 19 Nov - 21:14

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