Scandale Norbourg

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 Procès Norbourg au jour le jour

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Enyl

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Date d'inscription : 14/01/2006

MessageSujet: Re: Procès Norbourg au jour le jour   Mer 1 Déc - 19:52

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/economie-affaires/proces-norbourg/



Huit mois après son avortement, le procès des cinq présumés complices de Vincent Lacroix a repris le 21 septembre 2010. De nouveaux jurés ont été sélectionnés, la Couronne a réduit le nombre de chefs d'accusation et le juge Richard Wagner a été remplacé par l'honorable Marc David. L'acteur principal de cette saga, Vincent Lacroix, a plaidé coupable en septembre 2009 à des accusations de fraude et de blanchiment d'argent. Sa peine : 13 ans de prison. Ce deuxième procès des cinq présumés complices nous permettra-t-il d'en savoir plus sur les malversations qui ont permis de détourner plus de 100 millions dollars? Tous les jours, le journaliste Yvan Côté est au palais de justice pour suivre le procès et vous le raconter.



1

déc
Par: Yvan Côté Jurés réprimandés



Deux incidents isolés impliquant 2 des 12 jurés au procès Norbourg ont forcé l'ajournement du procès pendant une semaine. Ce délai involontaire est survenu parce qu'un des jurés est entré en contact avec la femme du procureur de la Couronne Me Serge Brodeur à l'extérieur de la salle d'audience, et parce qu'un autre s'est adressé à un journaliste de Radio-Canada, soit Yvan Côté, l'auteur de ces lignes, dans les couloirs du palais de justice.

Visiblement troublé par l'affaire, le juge Marc David a rappelé aux jurés qu'ils ne doivent jamais entrer en contact avec un tiers au sujet du procès.

« De grâce, a indiqué le magistrat, n'initiez aucun contact avec personne au sujet de ce procès... Je sais que je peux compter sur vous, sinon, vous risquez de mettre le reste du procès en péril. »

Le juge David a enchaîné en indiquant qu'il avait le pouvoir d'isoler les sept hommes et cinq femmes dans le but d'assurer le bon fonctionnement du procès, mais que ce n'était pas son souhait.

« Je suis convaincu que vous ne désirez pas être séquestré », a-t-il expliqué.

Ces incidents ont eu un effet direct pour Me Brodeur. Le juge David a interdit à sa femme de se trouver à l'intérieur de la salle d'audience pendant tout le reste des procédures.

Le magistrat a terminé ses directives en indiquant qu'il comprenait que ce procès était complexe pour des citoyens.

« Si, malgré mes directives, un juré croit qu'il est incapable de rendre justice, je lui demande de m'en faire part par écrit... Mais je suis convaincu de votre bonne foi collective et individuelle. »

Le procès reprend avec le témoignage d'Yves Roussel, l'enquêteur principal dans le dossier Norbourg.
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nov
Par: Yvan Côté 547 000 $ pour une équipe de hockey



Au milieu des années 2000, Vincent Lacroix multiplie les investissements et tente de diversifier ses avoirs. À l'époque, plusieurs régions du Québec vibrent au rythme du hockey de la ligue senior. Un hockey robuste où les joueurs n'hésitent pas à jeter les gants.

Le patron de Norbourg voit dans cet engouement une occasion de faire de l'argent rapide. Il forme avec trois autres partenaires la compagnie Hockey B.L.L. inc. et achète l'équipe de hockey de Thetford Mines. Il obtient 15 % des actions de l'entreprise. Coût de la transaction : 30 000 $.

Mais ses investissements ne s'arrêteront pas là, comme l'a expliqué Réal Breton, l'actionnaire principal de Hockey B.L.L. inc. Les actionnaires voient grand. Ils décident de rénover le centre sportif, de construire des loges et des panneaux de publicités.

« En tout, a indiqué M. Breton, Vincent Lacroix a investi 547 000 $. »

Réal Breton a indiqué que leurs investissements n'ont pas donné les résultats voulus. Après quelques mois, il a dû se résoudre à vendre Hockey B.L.L. inc. pour 1 $. Vincent Lacroix a tout perdu dans l'aventure. La couronne soutient que les cinq coaccusés dans l'affaire Norbourg ont aidé le patron de Norbourg à frauder les investisseurs en détournant les 547 000 $ des fonds que gérait Vincent Lacroix.
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nov
Par: Yvan Côté 2,5 millions $ facturés à l'AMF



La gigantesque fraude perpétrée par Vincent Lacroix a assurément coûté une fortune aux 9200 investisseurs floués. Mais mardi après-midi, les jurés ont appris qu'elle avait aussi coûté des millions de dollars à l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Questionné sur les honoraires facturés par la firme Leclerc Juricomptables à l'AMF, François Filion, qui a été embauché par l'AMF pour faire la lumière sur les activités de Norbourg, a admis que le montant était considérable.

« Depuis août 2005, j'ai effectué entre 3000 et 5000 heures, a indiqué le juricomptable Filion. On est rendu à 2,5 millions de dollars d'honoraires sur une période de cinq ans. »

Ces frais incluent tout le travail effectué par le juricomptable en prévision du procès pénal intenté par l'AMF, qui a permis de condamner Vincent Lacroix à cinq ans de prison en 2007. Mais ils excluent les sommes versées à quatre firmes d'avocats chargées de préparer la défense de l'AMF dans le cadre du recours collectif qui devrait être entendu en février.

La fraude n'était pas un des scénarios enquêtés

Lors de son contre-interrogatoire, François Filion a avoué que dans les jours qui ont précédé la perquisition de la GRC en août 2005, il ne pensait toujours pas que l'argent qui servait aux acquisitions de Vincent Lacroix pouvait provenir des fonds des clients de Norbourg.

« On savait qu'il y avait plusieurs choses de questionnables, mais on n'avait pas encore les documents, a-t-il expliqué. Il y avait une piste, mais on n'avait pas encore tous les éléments pour me satisfaire en tant qu'enquêteur. »

Le juricomptable et deux de ses collègues se penchaient sur les opérations de Norbourg depuis déjà plus de six mois. Ils avaient demandé à Vincent Lacroix et à son vice-président aux finances, Éric Asselin, de leur fournir 130 documents pour légitimer les activités de l'entreprise. À l'époque, les enquêteurs croyaient que le patron de Norbourg était peut-être mêlé à une opération de blanchiment d'argent en Suisse.

« Vous n'avez jamais vérifié si les sommes se trouvaient dans les fonds? », a demandé Me Serge Authier.

« Non, a répondu François Filion, ce n'était pas dans nos leads (cibles). »

Lorsque le scandale Norbourg a éclaté en août 2005, le juricomptable a indiqué qu'il attendait toujours que Vincent Lacroix lui fournisse des documents.

« Le 10 août, j'ai reçu des documents de Vincent Lacroix, a expliqué François Filion. Mais au même moment, Éric Asselin (le bras droit du patron de Norbourg) a déclaré que Vincent Lacroix avait pigé dans les fonds. Les documents étaient donc devenus useless (inutiles) et le pot aux roses était découvert. »

La preuve démontre qu'Éric Asselin s'est présenté dans les bureaux de la GRC en juin 2005 pour révéler la fraude. L'AMF, de son côté, n’a été informée du détournement qu'en août de la même année. Selon le juricomptable, ces deux mois ont permis à Vincent Lacroix de s'approprier entre 10 et 12 millions de dollars de l'argent des investisseurs.


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nov
Par: Yvan Côté L'enquête de l'AMF



Les témoins se sont succédé à la barre ce matin au procès Norbourg. Les jurés ont entendu trois personnes, dont François Filion, un des juricomptables embauchés par l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour enquêter sur les activités des entreprises détenues par Vincent Lacroix.

François Filion avait reçu comme mandat de l'AMF d'éplucher les livres comptables de Norbourg. Le but de cette opération était de comprendre quelle était la provenance de certains fonds détenus par Vincent Lacroix, et de s'assurer que ses entreprises respectaient les principes comptables normalement admis dans le milieu de la finance.

Pendant près de six mois, le juricomptable a interrogé Vincent Lacroix et son bras droit, Éric Asselin (le vice-président aux finances de Norbourg), dans le but d'étoffer son dossier. Puis, il a émis des ordonnances pour obtenir des documents absents au dossier.

Plusieurs de ces pièces manquantes étaient reliées aux 57 millions de dollars en revenus que Vincent Lacroix avait décidé de déclarer à l'État. Ces revenus étaient une fiction comme nous l'a par la suite démontré la preuve, mais à l'époque, bien peu de gens en étaient conscients.

François Filion a expliqué aux jurés avoir reçu lors de son enquête, près de 80 contrats et factures impliquant les entreprises de Norbourg. Ces documents visaient à justifier les revenus considérables empochés par Lacroix au début des années 2000.

Or, la Couronne prétend que les contrats ont été fabriqués par Jean Renaud et que les factures ont été créées par Jean Cholette, deux des accusés dans cette affaire. Le ministère public accuse aussi Serge Beugré et Félicien Souka d'avoir trempé dans la fabrication de faux documents en générant des relevés bancaires d'une institution en Suisse pour justifier les revenus de Vincent Lacroix.

Les faux contrats

Le deuxième témoin à se présenter à la barre a été Michel Vincent. Le vice-président et directeur général de la firme Jurifax a indiqué aux jurés que Jean Renaud avait acheté en 2004 un modèle de contrat vierge sur son site Internet. La Couronne soutient que c'est ce gabarit qui aurait servi à fabriquer tous les contrats qu'a utilisés par la suite Vincent Lacroix pour légitimer ses faux revenus.

L'avant-midi a pris fin sur le témoignage d'André Thorne, un agent immobilier. Il a expliqué comment Vincent Lacroix avait acheté, en moins d'une semaine, une maison à Candiac en novembre 2004. La Couronne affirme que cette résidence a été utilisée par Félicien Souka pour fabriquer une multitude de faux documents.
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nov
Par: Yvan Côté Le ministère du Revenu berné



La fonctionnaire du ministère du Revenu du Québec Estelle Morin aurait probablement voulu être ailleurs qu'en cour lundi matin. Pendant près de trois heures, l'agente provinciale a été contre-interrogée sur la divulgation volontaire de Vincent Lacroix, qui a permis au patron de Norbourg de déclarer plus de 57 millions de dollars de revenus de 1995 à 2003.

De façon soutenue et à répétition, les cinq avocats de la défense ont voulu connaître quels étaient les dessous de cette révélation de Lacroix, et surtout, pourquoi le ministère du Revenu n'avait jamais réalisé que les revenus étaient fictifs.

- « À part regarder les documents, a demandé Me Serge Authier, est-ce que vous faites des vérifications relativement à l'authenticité des pièces que l'on vous donne? »

- « Non, a répondu la fonctionnaire, on a pris les documents qui nous ont été remis. C'est tout. »

- « Mais ce ne sont pas des vrais revenus, a ajouté Me André Lapointe, donc il n'avait pas à payer d'impôt là-dessus? »

- « Je ne sais pas pourquoi vous dites ça, a expliqué Estelle Morin, pour moi les documents vérifiés étaient vraisemblables. »

La preuve a démontré depuis le début du procès que tous les états de compte, relevés bancaires et autres documents administratifs remis au ministère du Revenu avaient été fabriqués par Vincent Lacroix et possiblement par certains de ses complices.

Cette divulgation volontaire visait à rassurer l'Autorité des marchés financiers, qui se demandait d'où venaient les millions de dollars que dépensait le patron de Norbourg. Sa déclaration a d'ailleurs été tellement convaincante, qu'à la fin du processus, Québec et Ottawa acceptent que Lacroix leur verse 22,5 millions de dollars en impôt. Une aberration qui aurait dû soulever des soupçons, a soutenu Me Louis Gélinas.

- « Malgré le fait que Vincent Lacroix s'adresse à vous à titre de contribuable personnel et qu'il dit avoir caché 60 millions de dollars, vous n'estimez pas pertinent de vérifier si ça peut affecter ses fonctions chez Norbourg? », a demandé l'avocat.

- « Moi, [ma partie du] dossier, c'était de vérifier ses documents », a indiqué la fonctionnaire du ministère du Revenu.

- « Vous ne vous intéressez pas au sort des investisseurs? », a renchéri Me Gélinas. « Quelle démarche avez-vous faite pour vous assurer que l'argent qu'il vous promettait n'était pas celui des investisseurs? »

- « On voyait l'argent entrer dans des sociétés, puis M. Lacroix avait beaucoup d'actifs », a répondu Mme Morin.

- « Vous ne vous êtes pas demandé si c'était une fraude », a ajouté l'avocat.

- « Je n'ai pas à juger les gens [lorsqu'ils font une divulgation volontaire] », a conclu la fonctionnaire.

À la suite de son engagement de payer 22,5 millions de dollars en impôt, Vincent Lacroix a fait parvenir un premier versement aux deux paliers de gouvernement. Un chèque de 6 M$ à Québec, de même qu'un chèque de 6 M$ à Ottawa. Celui destiné au ministère du Revenu du Québec a été encaissé, mais celui envoyé au fédéral manquait de fonds.

À la suite de la perquisition chez Norbourg en août 2005, le gouvernement Charest a décidé de rembourser aux investisseurs floués par Vincent Lacroix les 6 millions de dollars perçus lors de la divulgation volontaire.
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Enyl

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MessageSujet: Procès Norbourg au jour le jour   Mar 10 Nov - 14:56

Ce lien se met à jour avec le procès, le vérifier régulièrement pour avoir des nouvelles fraiches.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/economie-affaires/proces-norbourg/




Avec 922 accusations et plus d'un million de documents en preuve, le procès Norbourg est l'un des plus important de l'histoire canadienne. L'acteur principal de cette saga, Vincent Lacroix, a plaidé coupable à des accusations de fraude et de blanchiment d'argent. Sa peine: 13 ans de prison. Mais il n'aurait pas agi seul, selon la couronne. Cinq de ses présumés complices doivent maintenant faire face à la justice. Ce procès nous permettra-t-il d'en savoir plus sur les malversations qui ont permis de détourner 130 millions dollars? Tous les jours, le journaliste Yvan Côté sera au palais de justice pour suivre le procès et vous le raconter.


10

nov
Par: Yvan Côté L'AMF ne se doutait de rien

Jour 25

Ce matin, les jurés ont eu droit à une révélation surprenante d'Alain Lajoie, le juricomptable engagé par l'Autorité des marchés financiers (AMF). M. Lajoie a avoué que quelques semaines avant la perquisition de la GRC en août 2005, il ne pensait toujours pas que l'argent qui servait aux acquisitions de Vincent Lacroix pouvait provenir des fonds des clients de Norbourg. « On ne croyait pas ça comme un scénario plausible », a-t-il expliqué.

Pourtant Alain Lajoie et deux de ses employés enquêtaient sur les opérations de Norbourg depuis déjà six mois. Ils avaient demandé à Vincent Lacroix et à son vice-président aux finances, Éric Asselin, de leur fournir 130 documents pour légitimer les activités de l'entreprise. « Tous les fonds semblaient venir à l'époque de sources légales. Curieuses, mais légales », a-t-il indiqué.

Plus tôt dans son témoignage, Me Richard Dubé, qui représente Jean Renaud, lui avait demandé quel type de mandat lui avait confié l'AMF et quelles étaient les hypothèses de départ lors de leur enquête. « Tout était sur la table pour expliquer les dépenses, a indiqué M. Lajoie, prête-nom, blanchiment d'argent, argent caché qui revient, on n'en avait aucune espèce d'idée. »

Pour percer le mystère Norbourg, le juricomptable a rencontré Éric Asselin à deux reprises. Ses réponses étaient « vagues », ce qui l'a incité à rencontrer Vincent Lacroix à la fin juin. Me Dubé a trouvé pour le moins surprenant que ce soit Lacroix, lui-même, qui ait demandé à l'enquêteur de l'AMF: « vous devez vous demander d'où provient l'argent ». Le patron de Norbourg aurait par la suite rassuré M. Lajoie en lui disant qu'il allait embaucher ses propres juricomptables pour démystifier toute l'affaire.

Lorsque le scandale de Norbourg a éclaté en août 2005, l'enquêteur de l'AMF attendait toujours les explications des juricomptables de Vincent Lacroix. Me Dubé a alors demandé à M. Lajoie pourquoi il n'avait jamais contacté Northern Trust, qui était le gardien des valeurs chez Norbourg, ou d'autres institutions bancaires pour savoir ce qui se passait vraiment chez Norbourg. « On y allait par étape a répondu le juricomptable. On était rendu au point où on allait tomber dans le crunch. On aurait commencé à faire le tour ». « N'aviez-vous pas intérêt à faire durer l'enquête? », a questionné Me Dubé. « C'est votre opinion, s'est défendu M. Lajoie, on est plus professionnel que ça ».

Selon la GRC, près de 60 millions de dollars auraient disparu entre octobre 2004 et août 2005, soit pendant la période où s'est déroulée l'enquête de l'AMF. (0) commentaire | Ajouter un commentaire 9

nov
Par: Yvan Côté L'AMF prise de court

Jour 24

Pendant près de 10 mois l'Autorité des marchés financiers (AMF) a questionné Vincent Lacroix sur « ses dépenses, ses états financiers, la provenance de ses actifs », selon Alain Lajoie, un comptable agréé qui menait l'enquête sur Norbourg à la fin de l'année 2004. Malgré des semaines à scruter les livres de la compagnie, l'AMF n'a jamais eu « assez de preuve pour arrêter la machine [l'enquête], a expliqué l'expert comptable, et pas assez d'éléments probants pour porter des accusations.

Ces explications viennent confirmer l'information selon laquelle l'AMF aurait été prise de court par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans son enquête. Comme l'a démontré le procès au pénal, la GRC a perquisitionné dans les locaux de Norbourg le 25 août 2005. Or, les deux entités travaillaient chacune de son côté. Les policiers auraient prévenu l'AMF à peine une quinzaine de jours avant de frapper chez Norbourg. C'est alors que l'autorité des marchés financiers a appris qu'Éric Asselin, l'ex-vice-président aux finances chez Norbourg, était devenu délateur dans le dossier.

84 faux documents

Tout au long de son enquête administrative, l'expert comptable Alain Lajoie a eu l'impression qu'il « se faisait conter des histoires qui ne tenaient pas debout ». Il a rencontré Éric Asselin à deux reprises avant qu'il devienne délateur. Ses réponses étaient incomplètes, a-t-il dit : « la plupart du temps il nous disait que ce n'était pas lui qui s'occupait des finances, que c'était Vincent Lacroix et Jean Cholette. J'ai vraiment trouvé cela bizarre pour un vice-président finances ».

Le patron de Norbourg lui a aussi fourni 84 faux contrats d'honoraires, d'un faux compte en Suisse, pour légitimer ses achats. Deux semaines avant la perquisition effectué par la GRC, M. Lajoie et ses enquêteurs de l'AMF attendaient d'ailleurs d'autres documents pouvant « expliquer les entrées et les sorties d'argent chez Norbourg ».

« On trouvait que les montants payés pour ses acquisitions étaient extrêmement importants », a indiqué M. Lajoie. L'avocat de Félicien Souka, Me André Lapointe, lui a alors demandé s'il avait perçu une fraude, à un moment ou à un autre. « On avançait dans notre enquête, a-t-il expliqué, il nous manquait de la preuve ». Cette réponse a semblé satisfaire la défense, qui soutient depuis le début du procès que Vincent Lacroix a tout orchestré et que son stratagème était tellement complexe que les cinq coaccusés ne savaient pas qu'ils participaient à la fabrication de faux documents.

Le témoignage de M. Lajoie reprend mardi matin. L'enquêteur en chef de la GRC, Yves Roussel, pourrait aussi être entendu mardi. (0) commentaire | Ajouter un commentaire 5

nov
Par: Yvan Côté Une transaction immobilière sous la loupe

Vincent Lacroix multipliait les achats au début des années 2000 et le prix de ses acquisitions était parfois bien au-dessus du prix courant. En avril 2004, le patron de Norbourg a acquis un immeuble de bureaux situé au 114, rue Saint-Georges, à La Prairie. Prix de vente: 1 400 000 $, soit 900 000 $ de plus que le prix courant, a expliqué Pierre Guay, un expert en évaluation immobilière.

M. Guay a utilisé trois méthodes de calcul pour arriver à ses conclusions: celle du revenu donnait une évaluation à 475 000 $, celle du prix comparable 485 000 $ et celle d'une éventuelle reconstruction de l'immeuble patrimonial (qui date de 1892) 1,14 million.

L'examen de cette vente démontre que le vendeur était Rémi Deschambault, l'ex-comptable externe de Norbourg, qui fait face à 131 chefs d'accusation. En 2003, M. Deschambault louait une partie de son immeuble à Norbourg. Félicien Souka et Jean Cholette, deux autres coaccusés dans cette affaire, ont travaillé au deuxième étage de l'édifice.

Cet immeuble a été saisi à la suite de la perquisition chez Norbourg. Il a été revendu en 2006 pour 500 000 $. Le témoignage de l'expert en évaluation immobilière se poursuit lundi.

Achat de contrats sur Internet

Par ailleurs, Jean Renaud, ex-consultant chez Norbourg et ancien fonctionnaire au ministère du Revenu, a acheté en 2004 des modèles de contrats sur Internet. Ces documents, selon la Couronne, auraient ensuite servi à étoffer la fausse divulgation de revenu volontaire de Vincent Lacroix.

Ces modèles de contrat sur Internet sont légaux et facilement accessibles. Michel Vincent, le copropriétaire de Jurifax, a expliqué qu'il « peut en vendre jusqu'à 50 à 60 par jour ». Sa clientèle est principalement constituée d'hommes d'affaires et d'avocats spécialisés en commerce. À l'aide de documents qui lui ont été présentés, M. Vincent a indiqué que les contrats saisis dans l'ordinateur de M. Renaud provenaient bel et bien de son site Internet.

Lors du contre-interrogatoire, Me Richard Dubé, qui représente Jean Renaud, s'est contenté de montrer le côté légal de ces achats. Il soutient que les contrats devaient servir à Me Alain Dussault, l'ex-avocat de Norbourg, et que Jean Renaud n'a été qu'un intermédiaire. (0) commentaire | Ajouter un commentaire 5

nov
Par: Yvan Côté L'avocat de Norbourg

Jour 23

La possible implication de l'ex-avocat de Vincent Lacroix, Me Alain Dussault, dans le scandale de Norbourg a occupé la majeure partie du témoignage du sergent Chantale Fortin de la GRC. L'avocat de Jean Renaud, Me Richard Dubé, a présenté à la policière quatre versions d'un même contrat saisies dans l'ordinateur de Me Dussault, laissant présumer qu'il y aurait eu falsification de document.

Me Alain Dussault était spécifiquement visé par le mandat de perquisition. « Pourquoi n'avez-vous pas porté d'accusation contre lui? », a demandé Me Dubé. « N'est-ce pas là l'empreinte originelle de la construction d'un faux? », a-t-il demandé. « Je ne sais pas », s'est contentée de répondre l'enquêteuse numéro 2 au dossier. « Moi, je n'ai rien recommandé. Nous avons présenté la preuve à la Couronne et c'est elle qui a la responsabilité de porter des accusations », a-t-elle dit.

La défense soutient que la pression populaire a forcé les policiers à trouver le plus rapidement possible des coupables dans l'affaire Norbourg. Les Jean Renaud, Félicien Souka, Serge Beugré, Jean Cholette et Rémi Deschambault seraient les victimes de cet empressement, alors que les vrais collaborateurs de Vincent Lacroix ne feraient face à aucun chef d'accusation. « On a eu beaucoup de pression », a avoué le sergent Fortin. « Comme moi, je n'en ai jamais eu avant », a-t-elle indiqué. (0) commentaire | Ajouter un commentaire 4

nov
Par: Yvan Côté Une vie détruite
Jour 22



C'est un homme amer qui s'est présenté, ce matin, au palais de justice de Montréal. « Norbourg m'a détruit, Vincent Lacroix a détruit ma vie », a expliqué avec des trémolos dans la gorge Michel Fragasso, ex-président et directeur général des fonds Teraxis. En 2003, M. Fragasso reçoit l'ordre de la Caisse de dépôt de trouver un acheteur pour les fonds dont il a la responsabilité. Il tente de vendre Teraxis, qui comprend aussi les fonds Évolution, à différentes entreprises, dont le Mouvement Desjardins et Dundee Wealth Management, mais à chaque fois la transaction échoue. Vincent Lacroix est aussi intéressé par les fonds à l'époque, mais M. Fragasso croit qu'il est « un joueur trop petit sur le marché » pour acquérir une entreprise qui a des actifs de près de 150 millions de dollars.



Comme les choses traînent, M. Fragasso est retiré du dossier en novembre 2003 et c'est Marie Desroches, la fondatrice des fonds Évolution, qui prend la relève. Elle conclut une entente avec Norbourg le 19 décembre 2003. Vincent Lacroix acquiert ainsi les fonds Évolution pour 4 millions de dollars, et, un mois plus tard, il achète Services financiers Teraxis pour 6,3 millions de dollars.

Bonis de 300 000 $

Sans emploi, Michel Fragasso, un bonze dans le monde des finances, accepte de se joindre à l'équipe de Norbourg. « J'étais plus une encyclopédie. Il voulait savoir qui était telle personne ou qu'est-ce que faisait telle compagnie. J'ai rencontré des dizaines de responsables de fonds que Norbourg voulait acquérir », a-t-il indiqué. En échange de ses connaissances du milieu, Vincent Lacroix lui offre une prime d'engagement de 150 000 $, un salaire annuel de 140 000 $ et un boni au rendement de 40 000 $. Dès la réception du premier chèque, un problème survient. « Le chèque de 150 000 $ était au nom de Norbourg services financiers a/s de Vincent Lacroix et était écrit à la main », dit-il. De crainte d'avoir des problèmes, son avocat demande à Lacroix un T4, un feuillet d'impôt. La réponse de Lacroix, dit-il : « Il m'a dit inquiète toi pas, je l'ai mis comme un prêt ».

En février 2005, Michel Fragasso demande s'il peut obtenir son deuxième boni de 40 000 $. La réponse de Vincent Lacroix le surprend encore plus: « Je suis très satisfait de ton travail, je vais te donner 150 000 $ plutôt que 40 000 $ ». Cette fois-ci, Lacroix « m'avise que la majeure partie des collaborateurs ont des compagnies personnelles et que c'est la façon de verser des bonis chez Norbourg. J'ai donc créé Investissement Fragesco », explique-t-il.

« Toute l'affaire m'a sauté au visage le 25 août 2005 », lors de la perquisition au bureau de Norbourg, a-t-il indiqué. « Je suis tombé en bas de ma chaise. C'était irréaliste compte tenu du système [de sécurité] autour des fonds des fonds mutuels ».

Réputation ternie

Aucune accusation n'a été déposée contre Michel Fragasso, mais après plusieurs démêlés avec la justice, le spécialiste du monde des finances a dû rembourser la prime d'engagement de 150 000 $ au syndic de faillite RSM Richter. Le ministère du Revenu lui réclame de plus des milliers de dollars en cotisations non payées. Après avoir perdu en cour, M. Fragasso négocie en ce moment avec le fisc pour obtenir une entente à l'amiable.

Il a affirmé à plusieurs reprises que le fait d'avoir été associé à Norbourg a complètement détruit sa réputation. « J'ai un trou de quatre ans dans mon C.V. », a-t-il indiqué. Pourtant, l'homme était bien en vue à une époque. Il avait même été recruté par l'équipe de Paul Martin lors des élections de juin 2004, mais il s'était incliné devant le bloquiste Bernard Cleary dans la circonscription de Saint-Laurent.

À sa sortie du tribunal, il a avoué aux journalistes qu'il devra probablement refaire sa vie en Ontario.

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