Scandale Norbourg

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 L'actualité médicale

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Valérie



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Date d'inscription : 19/01/2006

MessageSujet: Témoignages   Mer 7 Mai - 10:10

Dossier — Scandale Norbourg : témoignages de médecins victimes de Norbourg
23 avril 2008 | par Michel Dongois


Amertume
« J’ai dilapidé bien des sous dans cette aventure qui n’est pas terminée, mais au moins, comme j’ai une retraite d’une compagnie, je ne suis pas le plus mal pris. Je reste avec l’amertume de voir comment un investisseur n’est aucunement protégé, doit se débrouiller seul et se retrouve devant rien, finalement.

« Pour ma part, je donne le bénéfice du doute à M. Boisvenue, mais j’en veux à l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui aurait dû bloquer la vente à Norbourg en attendant la fin de l’investigation en cours. Ça me met en colère quand je vois l’AMF se laver les mains de cette affaire aujourd’hui et tenter de camoufler son incompétence. L’organisme public censé nous protéger n’a pas fait son travail, laissant les investisseurs livrés à eux-mêmes alors que le système financier est devenu si complexe qu’on ne peut être au courant de tout.

« J’ai aussi vu le volet loufoque de la justice : un avocat « ami de la cour », payé par nous (les investisseurs auxquels il restait des fonds) pour défendre une thèse contre nous, qui consistait à mettre tous les fonds ensemble pour les répartir entre tous. L’usage, pourtant, dans les liquidations, n’est-il pas de procéder fonds par fonds ? Pourquoi voulait-il changer cela ? N’allez pas croire que je n’ai pas de sympathie pour ceux qui ont tout perdu. Mais il ne semble pas approprié d’essayer de solutionner une iniquité en créant une autre iniquité.

« En résumé, je suis plutôt échaudé en matière d’investissements; je me suis replié sur les banques, en sachant bien qu’elles ne sont pas très intéressantes pour les investisseurs. »

Dr Claude Thibault
Consultant en médecine aéronautique et en santé au travail



Colère
« Àla suite des jugements de cour, je vais par chance récupérer prochainement environ 70 % des montants que j’avais perdus dans cette histoire. Ma colère, je la dirige vers les organismes officiels de surveillance, comme l’Autorité des marchés financiers, le gardien des valeurs, le fiduciaire, qui n’ont pas vu venir le scandale.
« Il faut également comprendre la colère de ceux qui ont tout perdu parce que leur avoir a été dilapidé. Dormaient-ils, ces organismes ? Étaient-ils indolents, insouciants, incompétents ? Ou Vincent Lacroix était-il à ce point habile qu’il les manipulait tous ? Quand j’engage un plombier, je me fie à sa carte de qualification. Me revient-il d’aller vérifier par moi-même auprès de son association professionnelle, en menant enquête, si le plombier en question est bien compétent ? À un moment donné, il faut aussi faire confiance à l’organisme chargé de la surveillance, non ?
« C’est clair que j’ai fait un mauvais choix. Mais les organismes de surveillance doivent désormais nous prouver que notre système financier n’est pas juste une république de bananes, sinon, c’est le retour du bas de laine. Un peu de sérieux quand même. »

Dr Jean Léveillé
Ex-président de l’AMLFC (2000-2002)
et actuel président du Conseil général de l’AMLFC




Dépit
« Voici l’impact du scandale Norbourg pour moi : dépit et désappointement envers le marché financier. Colère et incompréhension de l’inaction de l’Autorité des marchés financiers, qui savait que des irrégularités étaient courantes à la fin de 2003 et surtout en 2004. J’ai perdu 60 % d’un capital enregistré et environ 50 % du capital non enregistré. Réduction du train de vie de mon épouse et de moi-même. Perte du pouvoir d’aider les enfants comme nous le voulions.
Âgé de 76 ans, je suis revenu au système bancaire, et depuis août 2005, la perte continue... Les réactions de Vincent Lacroix devant l’évidence démontrent qu’il est un criminel malade. Va-t-on le soigner ? »

Dr Omer Gagnon
Gastroentérologue et directeur médical de l’Entraide Assurance-vie, à Québec



Réveil
«J’ai perdu beaucoup dans cette aventure. J’ai 65 ans et j’envisageais d’arrêter ma pratique. Mais à cause de cette fraude monumentale, je dois poursuivre mes activités médicales tout au moins à temps partiel, et ce, dans le but de ne pas trop empiéter sur le capital que j’avais prévu comme fonds de retraite. Morale de cette triste histoire: se méfier du courtier qui vous apparaît trop vertueux et honnête. Pour ma part, je continue d’investir dans des fonds comme les “investissements FMOQ” et autres.
« Le scandale de Norbourg et les autres fraudes dont les médecins peuvent faire l’objet soulèvent la question de la nécessité, pour les fédérations, de mettre sur pied une structure financière qui servirait de régime de retraite pour tous les médecins; la finance est un domaine ingrat pour beaucoup de médecins, à l’exception de quelques connaisseurs. Nous sommes en général des proies faciles en raison de notre ignorance. Norbourg aura sonné le réveil. Il existe un fait certain : au moins le scandale aura servi à quelque chose autant pour les médecins que pour les autres investisseurs floués. »

Dr Martin Toussaint
Médecin de famille dans la MRC de L’Islet
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Valérie



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MessageSujet: Re: L'actualité médicale   Mer 7 Mai - 10:00

Dossier — Scandale Norbourg : un médecin porte-parole des 9200 investisseurs floués
23 avril 2008 | par Michel Dongois


Environ 160 médecins et l’Association des médecins de langue française du Canada (AMLFC)* figurent parmi les 9200 victimes de la fraude financière de Norbourg. Parmi eux, le Dr Wilhelm B. Pellemans, 68 ans, chirurgien plasticien à Laval et ex-président de l’AMLFC. Comme requérant principal au recours collectif, il entreprend une sorte de deuxième carrière... bénévole.

QUELQUES CHIFFRES

200 millions $
actifs de Norbourg;
130 millions $
montant de la fraude;
70 millions $
ce qu’il restait en caisse quand on a mis fin aux activités de Norbourg;
30 millions $
environ montant récupéré par le syndic (actions minières surtout).
Le cabinet d’experts-comptables Ernst & Young a évalué le montant des pertes de chaque investisseur. À partir des 70 millions $ disponibles eut lieu, en 2006, une première distribution aux petits épargnants. L’été de 2007 vit se dérouler tout un débat : faut-il redistribuer fonds par fonds les sommes récupérées ou tout mettre dans un pot et le diviser à parts égales entre les investisseurs floués ? « Procédons fonds par fonds », trancha le juge Robert Mongeon. Jugement porté en appel; appel perdu en décembre 2007. La cause est partie devant la Cour suprême, qui a refusé de l’entendre en mars 2008. Donc, le jugement Mongeon s’applique. Le recours collectif reste pour bien des épargnants floués par Vincent Lacroix la dernière planche de salut.
Une deuxième distribution, fonds par fonds, se fera dans les prochaines semaines. Par ailleurs, un résiduel sera distribué d’ici la fin de 2008 au prorata de tous les investisseurs.

Avez-vous perdu beaucoup avec Norbourg ?
Près du tiers de mes placements. Comme je n’avais pas que des fonds Norbourg ou Évolution, je ne me suis pas fait entièrement plumer. J’ai dû repousser d’environ deux ans mon départ à la retraite, soit à 2010, au lieu d’arrêter cette année, comme je m’y étais préparé.

Certains médecins investisseurs à la veille de la retraite ou l’ayant prise depuis peu ne l’ont pas trouvée drôle. Plusieurs collègues retraités, dont un cardiologue de Québec et un anesthésiste de la Rive-Sud, ont dû retourner au travail.

Comment avez-vous réagi en apprenant le scandale ?
Mal, comme à l’annonce d’une maladie. Je me suis dit : pourquoi moi ? C’est mon épouse qui m’a alerté, après avoir vu à la télé, en août 2005, la perquisition et la fermeture de Norbourg. J’ai immédiatement tenté de joindre Claude Boisvenue, avec qui nous transigions. Il s’était volatilisé...

L’AMLFC faisait affaire avec ce monsieur à qui bien des médecins avaient graduellement confié leurs actifs. M. Boisvenue en a transféré une partie à Norbourg, omettant de mentionner qu’il s’agissait d’une vente complète, non d’une association avec Norbourg; le tout pour une somme de 4,5 millions $. Il s’agit des fonds Perfolio et Évolution, que Vincent Lacroix siphonnait allègrement. Pour ces fonds, où les médecins ont massivement investi, les pertes avoisinent les 30 % à 35 %. J’en veux à M. Boisvenue d’avoir trahi la confiance que nous avions placée en lui.

Y a-t-il eu des médecins complètement lessivés ?
Non. Ils ont eu de la chance dans leur malheur, la majeure partie de leurs fonds se trouvant dans des catégories que Lacroix n’a pas eu le temps de piller. À quelques exceptions près, les docteurs figuraient parmi les plus gros investisseurs. Nous étions persuadés d’avoir des placements sécuritaires. Eh bien, ni les comptables, ni le gardien des valeurs, ni l’Autorité des marchés financiers (AMF), ou son équivalent d’alors, n’ont rien vu pendant quatre ans. Inconcevable !

Comment êtes-vous devenu le requérant principal au recours collectif ?
Par un concours de circonstances et un jeu de réseautage. J’ai été à ce titre très sollicité lors de la condamnation de M. Lacroix (51 chefs d’accusation), en décembre dernier. Je me suis récemment présenté devant les 16 avocats des intimés, chacun m’interrogeant à tour de rôle. Jusqu’à présent, je le confirme, les seuls qui font des sous dans toute cette histoire, ce sont les avocats.

Quelle a été la réaction première des médecins floués par Norbourg ?
La colère. Entre nous, nous avons discuté de la façon de nous défendre pour récupérer nos billes : poursuite, enquête publique, représentations auprès des gouvernements. Le recours collectif nous est apparu comme une meilleure idée. L’état d’esprit « combatif » des médecins a duré six mois. Depuis, le monde médical concerné ne se manifeste plus. Il attend les résultats du recours.

Quand ?
D’ici 2010, appels inclus, tout doit être réglé. On a hâte à la première audition, car là, on pense pouvoir commencer à infléchir le cours des choses. Si à l’automne 2008 aucune date n’est fixée pour le début de l’audition, on se lancera dans une campagne médiatique, car c’est scandaleux de laisser pourrir ainsi la situation. Le juge en chef a la haute main sur le calendrier; il a repoussé à deux reprises le début des audiences du recours collectif. Il n’a pas à donner de raison. Certains investisseurs âgés risquent de ne pas voir l’aboutissement du recours. D’où l’urgence d’agir dans des délais raisonnables.

Vous attendez-vous à un règlement hors cours ?
Ce serait une solution; nous voulons démontrer l’irresponsabilité de ceux qui n’ont pas su arrêter le pillage. Pour vous donner une idée du climat qui régnait chez Norbourg, c’est comme si je téléphonais un matin au gardien de valeurs et que je lui disais : « Tenez, transférez-moi donc 500 000 $ sur mon compte bancaire de la rue de la Gare à Saint-Sauveur. » Il en informe ma banque, qui s’exécute sans poser de questions. Lacroix a fait ça pour 115 millions $. Il est même arrivé que des sommes soient transférées à partir de comptes déjà vidés !

La Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ), ancêtre de l’AMF, nourrissait des doutes sur Norbourg dès 2002 et songeait à mener une enquête. Rien ne s’est passé avant août 2005. Que dire des comptables qui recevaient, d’une main, les papiers officiels du gardien des valeurs et, de l’autre, les faux rapports de M. Lacroix et qui n’ont pas eu le réflexe de comparer les deux écritures ? Nous voulons que ces acteurs, qui sont par ailleurs tous bien assurés, soient condamnés ou nous présentent un plan de règlement hors cours.

Selon vous, le scandale a-t-il changé la vision des médecins investisseurs ?
Oui. Plusieurs d’entre eux, dont moi, sont depuis retournés vers les banques traditionnelles ou leurs fédérations ou associations, dans des fonds dont nous espérons le contrôle plus sévère. Environ 20 % peut-être des médecins gèrent leurs affaires eux-mêmes, à la Bourse notamment. Ces temps-ci, cependant, c’est surtout dans le recours collectif que je m’investis à fond, et bénévolement.

Comment vivez-vous ce rôle de requérant principal ?
Plutôt bien, car je le prends comme une cause. Tout un monde s’ouvre à moi avec cette responsabilité nouvelle. Par exemple, je commence à apprendre les rouages des mondes juridique et de la finance, qui sont des univers en soi. Je me suis familiarisé aussi avec celui des médias. C’est une ouverture insoupçonnée sur des pans entiers de la société que je ne connaissais pas.

Avez-vous rencontré les petits investisseurs que vous représentez?
Oui, j’ai eu des contacts avec environ 80 d’entre eux. Ils me demandent régulièrement quand la distribution aura lieu. Je suis incapable d’obtenir la liste complète de ces investisseurs; elle est en la possession de la firme dépositaire du résiduel de Norbourg. Chez certains, cependant, j’ai perçu un sentiment mitigé à notre égard, du genre : « On sait bien, pour vous, les docteurs, c’est moins pire que pour nous ! » Même si ma situation est fatigante, d’autres sont certes plus mal pris que moi. Reste que chaque investisseur floué vit une tragédie à sa façon, même si les médecins ne sont pas les plus à plaindre. J’ai vu des petits investisseurs complètement dévastés, comme cet homme de 75 ans qui se demandait s’il vivrait jusqu’à l’aboutissement du recours.

Comment vous sentez-vous à cette étape précédant les audiences du recours collectif ?
Plutôt zen, parce que j’ai pris une certaine distance avec le scandale. Avec un peu d’introspection, je crois qu’on peut quand même faire face calmement à des situations qui semblaient au départ difficiles à résoudre. Cela dit, pourquoi faut-il attendre des fraudes de cette ampleur pour que les règles soient plus difficiles à contourner ? C’est difficile à admettre, mais certaines personnes font profession de chercher à détourner les systè-mes de défense érigés contre eux. Je l’ai appris à mes dépens, et près de 9200 autres personnes avec moi.



Le Dr Wilhelm B. Pellemans, requérant principal au recours collectif
Vers un régime de retraite
pour les médecins ?

« Parler d’argent ne fait pas partie de la culture médicale, du moins pour les gens de ma génération, ceux qu’on retrouve en majorité chez les clients bernés par Norbourg. L’argent est un tabou pour bien des médecins; cependant, ça change.
« Comme individu secoué par le scandale Norbourg, je m’interroge sur la pertinence de laisser le médecin individuel seul responsable de préparer sa propre retraite. Nous, médecins, sommes à la merci de tous les vautours qui veulent notre bien et qui l’obtiennent souvent.
« Alors, je pose une question : le moment n’est-il pas venu pour nos fédérations d’encadrer plus systématiquement les régimes de retraite de leurs membres ? Pourquoi n’aurions-nous pas, nous, médecins, un régime de retraite à l’image du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) ? On n’éliminerait pas les aléas des bons ou moins bons taux de placement, mais au moins, on serait assuré que personne ne pige dedans. Selon moi, il est temps de lancer ce débat. »

– Dr Wilhelm B. Pellemans




RECOURS COLLECTIF

La Cour supérieure (juge Pierre Jasmin) a autorisé le 12 septembre 2006 un recours collectif contre, notamment :

Vincent Lacroix et ses corporations;
Les vérificateurs auprès des Fonds Norbourg, de plusieurs sociétés contrôlées par Vincent Lacroix et auprès de Vincent Lacroix personnellement;
The Northern Trust Company Canada, gardien de valeurs pour les Fonds Norbourg et les Fonds Évolution à certaines périodes;
L’Autorité des marchés financiers.


* L’AMLFC a perdu environ 800 000 $, mais en a récupéré une partie. Elle peut espérer en retrouver une autre portion lors de la deuxième distribution de fonds prévue dans les prochaines semaines.
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Valérie



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MessageSujet: L'actualité médicale   Mar 6 Mai - 16:14

Je me suis inscrite pour avoir accès à l'article. J'attends une réponse.

http://www.mdpassport.com/?lang=fr

Entrevue avec Dr Pellemans.
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