Scandale Norbourg

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 La voie de L'est

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Enyl

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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Lun 24 Oct - 20:38

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Réal Ouimet est outré qu'à la fin du processus, les victimes de Vincent Lacroix aient encore à payer le prix de l'injustice dont ils ont subi les frais.

photo archives La Voix de l'Est
Dominique Talbot
La Voix de l'Est


(Bromont) Floué de plus de 300 000 $ dans l'affaire Norbourg, l'ancien chef de police de Bromont, Réal Ouimet, n'a reçu que 74 % de la somme investie dans les fonds de Vincent Lacroix. Il fait ainsi partie des 45 % d'investisseurs qui ne recevront que les trois quarts de leur capital perdu. M. Ouimet est visiblement amer de ce dénouement, surtout que 37 % des investisseurs ont vu leur mise remboursée à hauteur de 90 %.
M. Ouimet et la majorité des investisseurs font ainsi les frais du dédale juridique qui a suivi la liquidation des fonds Norbourg. Des 9200 victimes de Lacroix, 140, qui forment le groupe Perfolio, ont récupéré la totalité de leur mise à la suite d'un recours séparé contre l'Autorité des marchés financiers (AMF). La Cour a donné raison au groupe et ses membres de celui-ci ont ainsi eu la chance d'être remboursés plus rapidement. Les victimes de Vincent Lacroix, qui ont intenté un recours collectif contre l'AMF, étaient divisées en trois catégories d'investisseurs. Outre Perfolio, il y avait les détenteurs de fonds Norbourg ainsi que les investisseurs des fonds Évolution, dont Réal Ouimet fait partie. C'est en grande partie cette catégorie qui n'a reçu que les trois quarts de sa mise dans Norbourg.

«Que les victimes de Norbourg aient récupéré 91 % de leur argent, comme ils le disent, est de la «bullshit». Tous ceux que je connais n'ont eu que 74 %», s'insurge celui qui a dû retourner sur le marché du travail seulement quelques années après son départ à la retraite, en 2003.

Selon Réal Ouimet, il pourrait néanmoins rester encore plusieurs millions à aller chercher. Par exemple, dans les actifs immobiliers de Norbourg qui n'auraient pas été encore liquidés et sur des remboursement toujours non réclamés qui dorment dans les coffres de la firme Ernst and Young, chargée de la distribution de l'argent. Advenant le fait que personne ne les réclame, M. Ouimet craint que ces sommes n'aboutissent au Curateur public du Québec. «Ils devraient donner ça aux victimes. Ce que je trouve écoeurant là-dedans, c'est que ce sont encore les victimes qui vont payer», se désole-t-il.


Des 55 M$ consentis aux investisseurs floués lors du règlement d'un recours collectif à l'hiver dernier, 11 M$ ont servi à payer les honoraires des avocats. De cette somme, les gouvernements provincial et fédéral ont perçu respectivement 8,5 % et 5 % de taxes, soit la taxe de vente sur les produits et services, applicable sur les honoraires des avocats
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Enyl

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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Mar 15 Fév - 16:58

Publié le 15 février 2011 à 08h53 | Mis à jour à 08h53


Les escrocs en cravate


La Voix de l'Est


J'ai entendu, à la télévision, le représentant du Nouveau Parti démocratique pourfendre le Parti conservateur et le Bloc, car ces partis politiques veulent abroger la loi ou le règlement qui permet aux criminels en cravate d'être libérés au sixième de leur sentence. Ce représentant demandait que les cellules disponibles dans les prisons soient réservées aux criminels endurcis qui représentaient selon lui une menace plus grave pour la société, ce qui n'était pas nécessaire pour les cravatés.
Un criminel qui se sert d'une arme quelconque pour commettre ses crimes est puni pour son crime et il doit purger sa peine au complet. La sentence s'applique même si le criminel n'a pas utilisé de violence comme telle.


Le cravaté, qui est assis dans un bureau luxueux, qui utilise tous les stratagèmes pour arnaquer sa clientèle et utiliser leur argent pour ses besoins personnels, n'est pas armé. Il utilise son charisme, son charme, sa réputation et il ment comme un arracheur de dents. Ce sont ses armes. Par ailleurs, si les crimes de ces cravatés sont non violents, leurs conséquences sont pires que les vols de banque ou tout autre vol similaire. La banque est assurée et les avoirs de sa clientèle sont protégés, ce qui n'est pas le cas des victimes de ces cravatés à la Earl Jones.



Pensez un instant aux conséquences d'un crime de cravaté lorsqu'un couple de septuagénaires confie tout son argent à un de ceux-ci, et du jour au lendemain, il est informé que son pactole s'est envolé. Sa belle vie, ses rêves, ses petits voyages, tous ces petits bonheurs viennent de s'envoler.


Ce couple doit alors se priver de tous les petits plaisirs de la vie. Souvent, il doit vendre sa maison, déménager dans un autre quartier pas aussi plaisant, s'abstenir de voyager, essayer de retourner sur le marché du travail et commencer à se serrer la ceinture pendant que le cravaté profite d'un condo, acheté au nom de sa conjointe ou d'un prête-nom, et profite de la «dolce vita» dans un pays chaud.


Outre ces premiers désagréments, ce couple de victimes essaie d'obtenir justice par tous les moyens, mais doit limiter ses dépenses à cause des autres nécessités de la vie. Retenir les services d'un avocat coûte cher et ce couple doit choisir entre s'alimenter ou continuer les poursuites.


C'est à ce stade que les ressentiments commencent leurs ravages, les maux d'estomac surgissent, les visites au médecin augmentent, etc. Bref, après un certain temps, la ou les maladies dépassent la période des symptômes et s'incrustent de façon permanente. Un des membres doit alors être hospitalisé quand ce n'est pas les deux.


En résumé, ce couple, qui était heureux et en santé, se retrouve dans un centre d'accueil, un CHLSD ou chez un de ses enfants avant de mourir ou de devenir dément.


En bref, ceci est un aperçu des conséquences d'un crime réalisé, dans certains cas au grand jour, par un cravaté. Pas grave, il n'y a pas eu de violence, personne n'a été blessé, c'est seulement de l'argent qui ne nous appartient pas, ce sont de «vieilles personnes» qui étaient mourantes ou qui seraient bientôt mortes. Pourquoi s'en faire?


Un portrait trop dur, trop romancé, trop je ne sais quoi, mais c'est le vrai portrait ou le résultat d'un crime de cravaté.


Il y a un autre aspect dont personne ne parle, c'est l'argent volé par millions et qui disparaît comme s'il était parti en fumée. Peut-on retracer cet argent? Pour ma part, je ne fais pas confiance à l'Autorité de marchés pour le retrouver, surtout après son inaction dans le dossier de Norbourg. À qui faire confiance?


Nos priorités sont rendues mercantiles et sans aucune mesure de réserve, nous préférons construire des Colisées à coups de centaines de millions de dollars au lieu de pallier les nécessités résultant de notre façon de vivre et de nos besoins pour le contrôle de nos criminels.


Maurice Joseph
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Enyl

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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Ven 21 Jan - 11:54

Publié le 21 janvier 2011 à 09h09 | Mis à jour à 09h09


Norbourg : entente historique!
Jean-Guy Dubuc
La Voix de l'Est


Oui, tout le monde y gagne! Toutes les parties ont de quoi se réjouir aujourd'hui. On dit que «c'est la victoire des petits épargnants». Oui; mais regardons-y de plus près. On se rendra compte que ce «règlement à l'amiable» est la meilleure chose qui pouvait se produire pour tous ceux qui étaient dans le coup de cette affreuse mésaventure.
D'abord et avant tout: les 9200 investisseurs. Il faut remarquer que ces gens n'étaient pas des aventureux qui se laissaient berner par des Earl Jones et ses promesses de revenus mirobolants supérieurs au marché. Ceux-là avaient décidé de tenter leur chance en s'appuyant sur la parole d'un seul homme, isolé, ratoureux et fin vendeur.

Non, les investisseurs de Norbourg s'étaient livrés à des institutions qui méritaient toute leur confiance. Ils ont été floués, sans qu'il n'y ait quelque faute de leur part. De là le drame.

Combien d'entre eux espéraient encore retrouver une partie de leurs épargnes, avec ce que cela supposait pour leur avenir, leur retraite ou leur héritage? Ils ont eu plus de courage que nous ne pourrons jamais le savoir. Ils se sont battus, ils ont gagné, ils sont récompensés: remboursés à 100 %! Profitez-en bien, les amis! Le marché boursier n'est pas si mauvais qu'on peut le craindre...


Par ailleurs, les cinq bureaux ou institutions qui vont verser les sommes à rembourser - 55 millions - se protègent grandement. Ils disent: «Nous payons, soit, mais nous ne payons pas parce que nous reconnaissons notre responsabilité; nous payons pour éviter les embarras, les incertitudes, les longueurs et les coûts d'un procès interminable.» Et comment! Ils savent bien qu'un procès interminable coûterait d'autres millions en frais de cour et pourrait indiquer un bon nombre de négligences dans leur administration ou de failles dans leur compétence.

Exemple? L'Autorité des marchés, à qui on reprochait déjà des fautes, erreurs, négligences et omissions dans l'exercice de ses fonctions. Et la Caisse de dépôt qui ne s'est pas ouvert les yeux. Et le gardien des valeurs Northern Trust. Et les vérificateurs KMPG... Des responsabilités? Oui, chaque groupe aurait pu en être chargé. Pour eux, tourner la page, c'est la paix retrouvée. En fait, à un modeste coût, par rapport au mal qui a suivi et aux conséquences qu'ils n'auraient pas fini de payer avant longtemps.

Et maintenant, Vincent Lacroix et ses complices?

On ne peut oublier que le principal accusé, Vincent Lacroix, doit sortir de prison dans quelques semaines. Il doit se rendre dans une «maison de transition» en Ontario, a-t-il demandé. Oui, il s'attend à ne pas être bien reçu au Québec... Mais où qu'il soit, quelle qu'ait été sa peine, il peut se sentir tout soulagé: il ne doit plus rien à personne! Ses huit ans de détention, imposés par la Cour, se sont transformés en quelques mois de réclusion. Oui, perte d'honneur, de crédibilité, d'avenir financier, d'accord. Mais lui, il a choisi de tromper des clients pour vivre en riche. Il a une grosse dette à payer à la société!

Donc, il reviendra complètement blanchi. Fini pour lui les procès. Pour ses «amis»? C'est à voir: qui va vouloir les poursuivre maintenant, parmi tous ceux qui veulent «tourner la page»?

Et le gagnant est?

L'auteur a été président-éditeur de La Voix de l'Est en 1988-89
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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Mar 29 Juin - 9:45

Publié le 29 juin 2010 à 08h58 | Mis à jour à 09h00


Petite victoire pour Réal Ouimet




Lueur d'espoir pour l'ex-directeur du service de police de Bromont, Réal Ouimet, qui a perdu 310 000 $ dans l'affaire Norbourg. La Cour d'appel du Québec lui a donné raison de vouloir intenter un recours collectif contre la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ).

photo Alain Dion
Cynthia Saint-Hilaire
La Voix de l'Est


(Bromont) Réal Ouimet a raison de vouloir intenter un recours collectif contre la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), ont tranché trois juges de la Cour d'appel du Québec, hier. Cette décision donne espoir à l'ex-directeur du service de police de Bromont de récupérer les 310 000$ qu'il a perdus dans le scandale financier Norbourg.

Que vient faire la CDPQ dans cette histoire? C'est que la Caisse de dépôt détenait 80% des actions de Capital Teraxis, qui gérait les fonds Évolution vendus à Norbourg en 2003. La CDPQ aurait dû agir en bon père de famille et s'informer de la situation financière de l'entreprise dirigée par Vincent Lacroix avant de lui vendre ces fonds au coût de 4 millions$, soutient M. Ouimet. Un peu plus d'un an et demi après cette transaction, 9200 investisseurs apprenaient qu'ils avaient perdu tout leur butin après avoir été floués par Vincent Lacroix.



«Mon argent, je l'avais confié à la CDPQ, insiste-t-il. La caisse n'a pas tenu une assemblée générale pour nous informer qu'elle vendait à Norbourg. Sinon, je n'aurais qu'à avaler ma pilule. Mais la CDPQ a vendu en catimini.»


D'où la décision du Bromontois, le 25 août 2008, de déposer une requête à la Cour supérieure pour demander la permission d'intenter un recours collectif contre la Caisse de dépôt et placement du Québec. La juge Dominique Bélanger a toutefois déclaré cette requête irrecevable le 9 juillet 2009. La magistrate appuyait sa décision sur le fait qu'un autre recours collectif était engagé contre Norbourg. «Mais ce recours collectif implique l'Autorité des marchés financiers, KPMG... Moi, je m'en fous d'eux. C'est contre la CDPQ que j'en ai», confie l'ex-policier qui a dû retourner sur le marché du travail en raison de l'importante somme d'argent qu'il a perdue.

M. Ouimet a porté ce jugement devant la Cour d'appel, qui s'est rangée de son côté. «Avec beaucoup d'égards pour la juge de première instance (Dominique Bélanger), nous sommes d'avis qu'elle a commis une erreur en concluant à l'existence d'une fin de non-recevoir compte tenu des faits propres au dossier», concluent les juges France Thibault, Lorne Giroux et Guy Gagnon.

Le responsable des relations avec les médias à la CDPQ a apporté une nuance à ce jugement. «La Cour d'appel n'autorise pas un recours collectif, a-t-il insisté. Ce que la Cour dit, c'est qu'il faudra que les deux parties tiennent un débat pour savoir s'il y aura un recours collectif. En 2009, la juge de première instance a déterminé qu'il n'y avait pas lieu de débattre de cette question. La Cour d'appel soutient pour sa part qu'il est justifié de se demander s'il y a lieu d'autoriser un tel recours.»

Espoir

Réal Ouimet se montre pour sa part très optimiste. «Je suis très content. Ça va ouvrir les portes pour un recours collectif, lance-t-il. Ça laisse l'espoir que nous retrouvions notre argent en plus d'un montant pour les traumatismes causés par ces histoires. Certains des investisseurs floués par Norbourg ont mis fin à leurs jours.»

Celui qui a dirigé pendant 28 ans le service de police de Bromont comptait s'offrir une retraite dorée avec l'argent qu'il avait confié à la CDPQ. Mais deux ans à peine après avoir pris sa retraite, en août 2005, celui qui s'occupe maintenant de la sécurité à Ski Bromont a appris qu'il ne lui restait plus rien. Des 310 000$ qu'il a perdus, M. Ouimet en a récupéré 20 000$. «Et maintenant je suis obligé de travailler tous les jours», soulève-t-il.
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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Mer 22 Juil - 19:04

http://blogues.cyberpresse.ca/voixdelest/?p=345#comment-2625

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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Mer 22 Juil - 10:02

Publié le 22 juillet 2009 à 08h50 | Mis à jour à 08h51


Libération de Vincen Lacroix: incompétence du Québec dans sa compétence?

Alors que Vincent Lacroix, principal auteur de la plus importante fraude financière de l'histoire du Québec, retrouve sa liberté moins d'un an et demi après sa condamnation de 8 ans et demi, le gouvernement du Québec part en croisade contre la volonté centralisatrice du gouvernement fédéral d'imposer une agence pancanadienne des valeurs mobilières.

Le timing fait parfois drôlement les choses en politique et disons que le scandale Norbourg ne pouvait trouver pire moment pour défrayer les manchettes et venir ainsi discréditer le gouvernement de Jean Charest dans sa bataille contre l'intention d'Ottawa de réglementer le commerce des valeurs mobilières.

Avant de donner au gouvernement du Québec le chèque en blanc qu'il réclame, il importe de rappeler son rôle joué dans l'affaire Norbourg afin d'évaluer s'il est digne de confiance en matière de protection des investisseurs. À au moins trois reprises, le gouvernement du Québec s'est par le passé fait complice, volontairement ou non, de Vincent Lacroix.

Le 28 mars 2001, la Commission des valeurs mobilières du Québec autorise la création de six fonds communs de placement Norbourg. Ces fonds seront autorisés par un certain Éric Asselin, alors enquêteur attitré de la CVMQ qui deviendra par la suite, comme par hasard, vice-président finances de Norbourg. Pourtant, le directeur des inscriptions et de la conformité de la CVMQ, Jean Lorrain, s'opposait à cette autorisation et souhaitait même fermer Norbourg. Pour des raisons encore obscures, c'est la recommandation de l'employé junior qui sera approuvée.


Le 9 novembre 2001, le ministère des Finances, alors que Pauline Marois est ministre en titre, envoie un généreux chèque de 991 628 $ à Norbourg. Vincent Lacroix avouera candidement à son procès avoir versé un pot-de-vin de 100 000 $ au fonctionnaire Jean Renaud pour obtenir le plus important chèque jamais octroyé dans le cadre de ce programme. Sans ce chèque, Norbourg aurait probablement été acculé à la faillite. Après avoir rempli tous les formulaires pour obtenir ce chèque et transmis la demande à ses supérieurs aux Finances, Jean Renaud prendra un congé sans solde du Ministère pour travailler comme consultant de Norbourg et obtenir 460 000 $ pour ses services.

Le 13 janvier 2004, la Caisse de dépôt et placements du Québec vend les fonds Évolution à Norbourg. Normalement, une telle transaction est gelée pour 60 jours. Exceptionnellement, l'Autorité des marchés financiers ramène ce gel à 35 jours, ce qui donne moins de temps aux investisseurs de prendre une décision éclairée et de se délaisser de leurs fonds. Norbourg mettait ainsi la main sur 132 millions de liquidités.

Parce qu'il s'entête encore aujourd'hui à refuser la mise sur pied d'une commission d'enquête publique sur le scandale Norbourg, le gouvernement Charest donne malheureusement raison au gouvernement fédéral de vouloir venir protéger les petits épargnants québécois avec une agence pancanadienne.

Si la crise économique mondiale a, selon certains, fait ressortir la nécessité de resserrer la réglementation en matière de valeurs mobilières, la libération de Vincent Lacroix met bien en lumière la potentielle incapacité du gouvernement du Québec à assumer cette responsabilité. 9200 petits épargnants floués par Norbourg veulent et doivent savoir si Vincent Lacroix jouissait de la complicité du gouvernement du Québec. Avant de demander à la population, au nom du nationalisme québécois, de l'aider à freiner les volontés centralisatrices d'Ottawa en matière de réglementation des marchés financiers, le gouvernement Charest devrait montrer qu'il n'a rien à se reprocher dans ce détournement de 130 millions $.

Ce ne sont pas des compétences du gouvernement du Québec en matière constitutionnelle dont les petits épargnants veulent entendre parler mais plutôt la compétence de ce même gouvernement à réglementer les marchés financiers pour nous protéger des escrocs à la Vincent Lacroix.

Éric Duhaime

L'auteur a été conseiller de Mario Dumont, alors chef de l'ADQ, de 2003 à 2008.
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Enyl

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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Sam 4 Oct - 12:16

Publié le 04 octobre 2008 à 09h59 | Mis à jour à 09h59


Pneus d'hiver, loi Anastasia et listériaTaille du texte Imprimer Envoyer Votre nom


La Voix de l'Est


Qu'ont en commun les pneus à neige, la loi Anastasia et la listéria? Rien, rien du tout, de prime abord à tout le moins.

Toutefois, lorsqu'on y regarde de plus près, on peut y associer une attitude faussement vertueuse ou une réaction de panique exagérée de la part de notre bon gouvernement: promulgation de lois déraisonnables ou inutiles dans les deux premiers cas, perquisitions sauvages et abusives dans le dernier.



Invoquer un danger pour la vie humaine demeure une excuse un peu trop facile pour agir aussi précipitamment lorsque les nuances pertinentes n'ont pas été apportées. Opportunisme politique ou ignorance? Assurément les deux.


S'agirait-il de réactions consécutives aux déconvenues antérieures des projets avortés du Suroît, du Super Casino et du Mont Orford? Le gouvernement chercherait-il à se créer une auréole par l'accomplissement d'actions rédemptrices, mais purement factices: rares sont les automobilistes qui ne possèdent pas déjà des pneus d'hiver; encore moins de gens portent une arme de poing et presque tous nourrissent une peur bleue des bactéries.

Obliger l'installation de pneus d'hiver ne peut être fait sans considérer le type de traction, l'état de la chaussée ou le mode de conduite. De qui ce gouvernement prend-il les intérêts au juste?

Pourquoi interdire les armes à feu dans les garderies? Pourquoi un dédoublement au registre national de ces armes déjà contesté pour ses coûts et sa lourdeur? Qui veut-on protéger, et de quoi?

Pourquoi les perquisitions massives de fromage à la suite d'un malheureux empoisonnement? Va-t-on investir les usines de fabrication de voitures et leurs concessionnaires afin d'envoyer à la casse tous les véhicules disponibles sous le prétexte d'un trop grand nombre d'accidents? Pourtant, le nombre de décès à la suite d'accidents routiers est incontestablement plus élevé que le nombre d'empoisonnements alimentaires. Bref, la route tue davantage et plus sûrement que le fromage. Malgré cela, va-t-il falloir créer un registre national du fromage et imposer un permis pour en manger?!

Pire, les actions du gouvernement sont incohérentes: la production supplémentaire de pneus va à l'encontre de la réduction de l'empreinte environnementale dont les discours officiels sont truffés jusqu'à plus faim. L'augmentation de deux à quatre pneus d'hiver par voiture va presque faire doubler la production annuelle. Quant à l'accroissement du contrôle des armes à feu - la Loi Anastasia -, elle procure une fausse sécurité: pourquoi les individus dérangés obtempéreraient-ils à cette nouvelle loi alors qu'ils font fi des lois existantes? Quant à la destruction inconsidérée des tonnes de fromage par simple association avec quelques empoisonnements malencontreux, elle vient annuler des années d'efforts de mise en marché de produits de chez nous sans que la population ne soit nécessairement mieux protégée.

Pareille précipitation de la part du gouvernement est d'autant plus difficile à comprendre que, dans le domaine financier - l'affaire Norbourg et Vincent Lacroix -, celui-ci a mis beaucoup trop de temps à réagir même si les conséquences étaient très graves.

Le comportement du gouvernement fait penser à l'automobiliste distrait qui, immobilisé à un feu rouge, met de longues secondes avant de démarrer, le feu vert venu. Puis, réalisant sa négligence, ce conducteur cherche à se racheter par une accélération fulgurante, laissant bloqués bon nombre d'automobilistes au prochain feu rouge.

Non, définitivement, ce n'est pas la protection du public qui préoccupe le gouvernement, législateur médiocre et faux policier protecteur. Dans les trois cas analysés, c'est faire payer bien cher aux contribuables la fabrication d'une image frelatée de vertus inexistantes dans le dessein de camoufler une carence de sagesse indéniable.

Lionel Leblanc

Granby
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Nico



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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Mar 29 Jan - 14:42

Le Lundi 28 Janvier 2008

La calcul de Lacroix

Douze ans moins un jour. C’est la sentence imposée il y a quelques minutes à Vincent Lacroix. Pour ceux qui pensent que le rufian aura le temps de réfléchir à ses gestes, détrompez-vous. Il va passer son temps à nier sa responsabilité dans cette fraude sans précédent.

Puis, notre système étant ainsi fait, il va obtenir une libération conditionnelle d’ici quatre ans pour bonne conduite. C’est sûrement le calcul qu’il faisait alors que le juge terminait le prononcé de sa sentence.

L’amende de 255 000 $ imposée à Lacroix aura peut-être tiré des sourires de sarcasme chez plusieurs d’entre vous. Si la poursuite a bien fait son travail, le véreux n’a plus aucune liquidité ou objet de valeur en sa possession. De ce qu’on connaît, bien entendu.

Vous êtes sûrement comme moi. Vous vous dites que le bonhomme n’a rien d’un imbécile et qu’il s’est collé un tas d’argent quelque part. Il n’a quand même pas tout dépensé dans des bars d’effeuilleuses!

Doit-on lancer une enquête publique sur cette affaire? Quelle en serait l’utilité? On connaît les sources du problème: le manque d’outils de l’Autorité des marchés financiers (AMF), chargée de surveiller les acteurs de l’industrie des valeurs mobilières, l’incapacité de l’industrie à assurer l’intégrité de ses artisans, et des investisseurs naïfs qui confient leurs économies à des courtiers qui n’ont rien, comment dire, d’exemplaires.

L’argent attirant la racaille, d’autres Lacroix sévissent.

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Nico



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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Mar 29 Jan - 10:26

Le chef d'orchestre est en prison»




Le juge Claude Leblonc a condamné hier le pdg déchu de Norbourg, Vincent Lacroix, à une peine exemplaire de 12 ans moins un jour de même qu'à une amende de 255 000 $. Une décision que le Bromontois Réal Ouimet, un des 9000 investisseurs floués, a accueilli avec des émotions partagées.
Photo PC

Fédérick Duchesneau

La Voix de l'Est

Granby

Réal Ouimet éprouve des émotions partagées. Douze ans d'emprisonnement, c'est bien dit-il, mais 255 000$ d'amende, c'est trop peu.


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«Je suis satisfait de la sentence de 12 ans, réagit d'abord l'ex-chef de police de Bromont, qui a perdu quelque 310 000$ dans cette histoire. Le chef d'orchestre est en prison. Mais pour ce qui est des 255 000$, c'est une vraie farce. Le juge aurait pu le condamner pour 10 millions $. Il (Lacroix) sait qu'il va faire deux ans en dedans, avec encore 60 millions $ dans la poche arrière quand il va sortir.»

C'est peut-être ce qui explique l'absence de réaction de l'accusé à l'annonce de la sentence. Paraît-il que l'ex-leader de Norbourg n'a pas bronché. «Il est dans un autre monde», laisse tomber M. Ouimet.

Quoi qu'il en soit, aucune peine imposée à Vincent Lacroix ne rendra leur argent aux investisseurs. Réal Ouimet, qui assure maintenant la sécurité à Ski Bromont, l'a répété à maintes reprises depuis le début du procès.
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Nico



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MessageSujet: Re: La voie de L'est   Jeu 13 Déc - 19:34

Texte complet
Le Mercredi 12 Décembre 2007

Lacroix à l’ombre, l’AMF danse!

C’était écrit dans le ciel; même une intervention divine n’aurait pu sauver Vincent Lacroix. Le financier véreux prendra immanquablement le chemin des cellules lorsque le juge prononcera sa sentence. Reste à savoir si sa peine sera exemplaire.

C’est à l’unisson que les gens, au premier chef les victimes de cette fraude sans précédant au Québec, exigent que Lacroix croupisse longtemps à l’ombre. Si ça peut mettre un peu de baume sur leurs plaies, on est bien d’accord. Malheureusement, ça ne changera absolument rien au solde de leur compte de banque!

La vraie question n’est pas tant de savoir comment on doit punir les coupables de crimes économiques, mais plutôt comment peut-on prévenir de tels actes? On l’a déjà dit ici: l’Autorité des marchés financiers (AMF) fait figure de Pee-Wee dans la jungle de l’industrie des placements.

Tant et aussi longtemps que l’AMF ne comptera pas sur une équipe de vérificateurs aux dents longues et ne misera pas sur des moyens costauds et des lois sévères, les Lacroix de ce monde continueront de flouer de petits investisseurs.

Les gens d’affaires ont toujours été allergiques aux normes, règlements et autres outils que l’État se donne pour surveiller leurs activités. Ils préfèreraient qu’on les laisse s’occuper seuls des délinquants de leur milieu. Ils appellent ça de l’autodiscipline. L’affaire Norbourg-Lacroix nous prouve que cette avenue — soyons nuancés — n’est pas efficace.

Revenons sur le procès — à sens unique — de Lacroix. Le procureur de l’AMF, Me Eric Downs, a vraiment été épatant, tellement qu’on se demande ce qu’il fait à l’AMF.

On ne peut pas dire, cependant, que le président directeur général de l’AMF, Jean St-Gelais, impressionne. Il multiplie les entrevues depuis hier, réclamant qu’on fasse un exemple de Lacroix. On en oublie presque le travail d’amateur de l’AMF dans toute cette affaire. Ça pue l’opportunisme!

Je me méfie des Kid Kodak du genre. Souvent, ils choisissent le moment opportun pour s’adresser aux médias. Comme ça, ils évitent qu’on jette un regard critique sur ce qui ne va pas dans leur organisation.

On pourra au moins dire qu’il est efficace côté relations publiques!

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Michel Laliberté, grand parleur La Voix de l'Est
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Enyl

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MessageSujet: La voie de L'est   Mer 12 Déc - 12:23

Le mercredi 12 déc 2007


«Ça ne nous redonnera pas notre argent»

Chantal Vallé

Granby

L'ex-chef de police de Bromont, Réal Ouimet, floué par Norbourg, se réjouit que Vincent Lacroix ait été déclaré coupable hier des 51 chefs d'accusation qui pesaient contre lui. La décision rendue par le juge Claude Leblond de la Cour du Québec ne changera pourtant pas grand-chose dans la vie du sexagénaire, qui a dû retourner sur le marché du travail après avoir perdu 310 000 $ dans cette mésaventure.

«On s'attendait à tout ça. On était convaincus que le juge n'avait pas d'autre choix que de le reconnaître coupable à tous les chefs. Mais qu'il écope de cinq ans, dix ans ou 20 ans de prison, ça ne nous donne rien, ça ne nous redonnera pas notre argent», précise le Bromontois, qui assure maintenant la sécurité à la station Ski Bromont.

Réal Ouimet suit évidemment avec intérêt la saga Norbourg. Il témoignera même aujourd'hui à la cour qui entendra les représentations sur sentence. Mais ce qui l'irrite au plus haut point, c'est que Vincent Lacroix, qu'il est allé confronter l'an dernier à son domicile avec d'autres investisseurs floués, n'ait pas collaboré à l'enquête. «Il n'a sûrement pas dépensé 20 millions $. L'argent est sans doute camouflé quelque part. Si toutes les victimes avaient été dédommagées, on se fouterait du sort de Vincent Lacroix.»

«C'est écoeurant!»

«Il n'a pas fraudé une compagnie mais 9200 personnes. Ce n'est pas juste des gens qui avaient beaucoup d'argent, mais des gens qui ont amassé cet argent en travaillant de peine et de misère. C'est écoeurant!»

Réal Ouimet connaît au moins 200 personnes qui ont été flouées. Certains investisseurs ont même perdu plus d'un million de dollars. Ces gens n'osent pas en parler publiquement parce qu'ils craignent de passer pour de mauvais investisseurs.
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