Scandale Norbourg

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 Journal de Montéal

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Enyl

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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mar 29 Jan - 7:03

Procès Lacroix
Sa nouvelle vie en prison
Daniel Renaud
Le Journal de Montréal
29/01/2008 05h43

Deux sandwiches, deux biscuits et un berlingot de lait: tel a été le premier repas ingurgité par Vincent Lacroix peu après son entrée au Centre de détention Rivière-des-Prairies hier soir.

Si Vincent Lacroix et ses acolytes ont déjà dépensé jusqu'à 5700 $ pour des repas princiers dans de chics restaurants à une certaine époque, le choc gastronomique a dû être particulièrement brutal hier.


Arrivé autour de 18 h au Centre de détention Rivière-des-Prairies, trop tard pour avoir droit à un repas chaud, le condamné a dû se contenter de deux sandwiches, de deux biscuits et d'un berlingot de lait 2%, a appris le Journal.


Les sandwiches, aux oeufs ou au jambon (deux tranches maximum, baignées dans la margarine), ont été préparés par un cuisinier du centre, à 3 h la nuit précédente.


Pour le dessert, Lacroix a quand même eu le choix entre deux biscuits feuilles d'érable, aux brisures de chocolat ou à l'avoine.


Voisin de Munyaneza


Comme tout nouveau détenu, Vincent Lacroix a subi une fouille à nu à son admission.


Puis, il a été placé en protection, dans l'aile P-6, voisine de celle où a été confiné Désiré Munyaneza, ce Rwandais accusé de crimes de guerre qui subit son procès à Montréal.


Hier soir, l'ex-président de Norbourg a pu se regarder aux nouvelles à la télévision. Dans ce secteur, qui comprend trois cellules, on retrouve en effet un téléviseur, un téléphone, une douche, un grille-pain et une plaque chauffante.


Dans chacun de ses déplacements, il est escorté par deux gardiens.


Vincent Lacroix a dû se coucher à 22h30 et, encore endormi ou non, il sera réveillé par les gardiens à 10h30 ce matin.


Évalué


Vincent Lacroix pourrait passer dix jours à Rivière-des-Prairies, un établissement provincial, pour interjeter appel et finaliser ses affaires. C'est ce que l'on appelle dans le jargon le «délai d'écrou».


Par la suite, il sera envoyé au Centre régional de réception des Services correctionnels du Canada, à Sainte-Anne-des-Plaines, où il passera au moins huit semaines pour être évalué.


«On évalue la dangerosité des détenus pour eux-mêmes, pour les autres et pour les gardiens. On évalue leurs besoins en santé et en thérapie», explique Jean-Yves Roy des Services correctionnels canadiens.


Puisque Lacroix a été condamné pour un crime de «col blanc», tout indique qu'il sera envoyé dans une prison à sécurité minimum, probablement celle de Laval ou de Sainte-Anne- des-Plaines.


Fini les beaux complets


À son arrivée à sa prison fédérale, il recevra une poche contenant de la literie, une brosse à dents, un rasoir et un peigne.


Il devra troquer ses complets de haute couture pour un jean et un tshirt de marque CORCAN, la marque des vêtements fabriqués par les détenus.


Il recevra également des sous-vêtements fabriqués par les détenues de Joliette.


S'il se conforme à son plan correctionnel, il recevra un salaire maximum de 6,90 $ par jour. Lacroix, qui sera seul dans sa cellule, aura droit à des biens personnels d'une valeur maximum de 1500 $, dont une radio et une télévision.


«Il devra cependant payer luimême le câble», prévient M. Roy.
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Enyl

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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Ven 25 Jan - 8:26

Mise à jour: 25/01/2008 04:00
Constitutionnelle ou pas constitutionnelle la loi?
Vincent Lacroix semble avoir sept vies




Alain Bisson
Le Journal de Montréal
Vincent Lacroix a sept vies. L’ex-président de Norbourg pourrait réussir à reporter le prononcé de sa sentence, prévu lundi, et même à réduire la durée d’une éventuelle peine de prison grâce à une contestation de la constitutionnalité de la Loi sur les valeurs mobilières.

Dans un geste inattendu, M. Lacroix a saisi in extremis le juge Claude Leblond d’un projet de requête hier au palais de justice de Montréal.

Il soutient que divers articles de la loi qui soutiennent les 51 accusations pénales dont il a été déclaré coupable à la mi-décembre sont inconstitutionnels.

M. Lacroix prétend notamment que la Loi sur les valeurs mobilières (LVM), qui est de juridiction provinciale, ne peut pas prévoir des peines de prison cumulatives dépassant 5 ans comme c’est le cas actuellement.

L’ex-patron de Norbourg est passible de cinq ans moins un jour de prison pour chacun des 51 chefs d’accusation, et la poursuite (l’Autorité des marchés financiers) réclame contre lui une peine qui pourrait lui valoir jusqu’à 15 ans de prison.

Vincent Lacroix avance que la sévérité de ces peines pour des infractions réglementaires les apparente à des peines de nature criminelle.

Or, le droit criminel est régi par le fédéral, dit-il. Québec a donc empiété sur la juridiction d’Ottawa en prévoyant des peines semblables à celles du Code criminel.

De plus, ajoute M. Lacroix, la LVM viole l’article 12 de la Charte canadienne des droits puisqu’elle prévoit des peines « cruelles et inusitées ».

Pourquoi une requête aussi tardive ?
Le juge Leblond, qui a présidé le procès de quelque 50 jours de Vincent Lacroix, l’a longuement interrogé sur les raisons expliquant le dépôt aussi tardif d’un projet de requête qui aurait normalement dû être présenté avant le procès, en mai dernier.

M. Lacroix a expliqué qu’il s’est défendu seul, qu’il connaît peu la loi, qu’il n’a eu que de brèves rencontres ponctuelles avec des avocats pendant son procès, mais surtout qu’il en a consulté un après le verdict du 11 décembre et que ce dernier l’a aiguillé sur la piste de la constitutionnalité de la LVM.

Le juge Leblond n’a pas fait grand cas d’une bonne partie de la thèse de M. Lacroix - qui pourrait impliquer une réouverture pure et simple du procès -, mais il s’est particulièrement intéressé à l’aspect de la constitutionnalité d’une peine qui excéderait cinq ans.

Il a demandé à l’avocat de l’AMF, Tristan Desjardins, de lui livrer ses arguments sur la question.

Me Desjardins avance évidemment que les prétentions de M. Lacroix sont sans fondement et il soutient que le but ultime de l’ex-président de Norbourg est de retarder le processus judiciaire.

Le juge Leblond a indiqué qu’il rendra une décision lundi après-midi. Ou il accepte d’entendre la requête de M. Lacroix, ou il refuse et rend sentence séance tenante. Si Vincent Lacroix a le feu vert, le prononcé de la sentence sera décalé d’un minimum de quelques jours.

abisson@journalmtl.com







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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mer 23 Jan - 9:37

http://argent.canoe.com/lca/infos/quebec/archives/2008/01/20080122-220132.html

Tentative pour faire retarder le prononcé de sentence
Vincent Lacroix conteste la constitutionnalité de l'AMF
Mise en ligne 23/01/2008 04h00

Vincent Lacroix est passible d’un maximum de cinq ans moins un jour de prison et de 5 M$ d’amende pour chacun des chefs
Vincent Lacroix sera devant la cour jeudi
Lacroix tentera de convaincre la cour de lui accorder une remise de sentence
Alain Bisson
Le Journal de Montréal
Vincent Lacroix, le fondateur déchu de Norbourg, tente de retarder l’échéance du prononcé de sa sentence, prévu pour lundi, avec le dépôt de nouvelles requêtes devant les tribunaux.
Dans une lettre envoyée le 18 janvier au juge présidant son procès pénal, Claude Leblond, M. Lacroix a indiqué qu’il a l’intention de présenter une requête pour contester la constitutionnalité de la loi constitutive de l’Autorité des marchés financiers, a indiqué Frédéric Alberro, porte-parole de l’AMF, au cours d’un entretien hier.
Dans ce contexte, il a demandé au juge Leblond de reporter le prononcé de sa sentence, fixé pour lundi prochain.
Le magistrat convoque les parties demain au palais de justice de Montréal pour écouter leurs arguments sur la question.
Vincent Lacroix a été trouvé coupable de 51 chefs d’accusation pénale, le 11 décembre dernier, au terme d’un procès de près de 50 jours tenu devant la Cour du Québec.
Ces accusations étaient liées à des retraits frauduleux de 115,3 M$ que M. Lacroix a réalisés dans les fonds Norbourg, Évolution et Éloria de 2000 à 2005.
L’AMF choquée
Vincent Lacroix est passible d’un maximum de cinq ans moins un jour de prison et de 5 M$ d’amende pour chacun des chefs d’accusation retenus contre lui.
Frédéric Alberro s’est dit choqué par le nouveau coup d’éclat de l’ex-président de Norbourg.
«Nous assistons une fois de plus à une tentative de Vincent Lacroix visant à retarder le processus judiciaire. Nous déplorons ce geste et entendons contester vivement ses positions», a déclaré le porte-parole de l’AMF.
M. Lacroix avait déposé une kyrielle de requêtes qui avaient reporté le début de son procès, finalement lancé à la mi-mai 2007.
Il a aussi porté sa condamnation en appel le 11 janvier dernier en invoquant qu’il n’a pas eu droit à une défense pleine et entière parce que le juge Leblond lui a refusé le recours à un avocat payé par l’Aide juridique et a injustement écarté un certain nombre de témoins qu’il voulait faire entendre en défense.
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Dim 6 Jan - 13:57

Mise à jour: 06/01/2008 08:52
Procès 2008
On en verra de toutes les couleurs

(Journal de Montréal) David Santerre
Le Journal de Montréal


© Photo Corbis
Des fraudes, des meurtres, des crimes haineux, des policiers, des vedettes, les palais de justice de la grande région montréalaise verront toutes sortes de causes être entendues en 2008. En voici quelques-unes qui retiendront l'attention du Journal de Montréal.


1 Daniel Cormier

Le procès de ce supposé prêtre de l'obscure Église du centreville a commencé en octobre 2007 et devait durer 22 jours. Il se défend, sans avocat, d'agressions sexuelles sur deux jeunes filles, dont une de 10 ans qu'il prétend avoir épousée selon les rites de son Église, mariage qui rendrait selon lui inapplicable l'accusation d'agression. La panoplie de requêtes qu'il a déposées devant la juge Sylvie Durand a considérablement étiré le débat, tant et si bien que le procès n'a jamais véritablement débuté. Le tout reprend le 10 janvier et l'on espère, après plus de quatre ans de guérilla judiciaire, que l'affaire connaîtra son dénouement cette année.


2 Désiré Munyaneza

Le procès de ce Rwandais hutu, qui subit au palais de justice de Montréal son procès pour avoir présumément participé activement au génocide de 1994 dans son pays en violant et tuant plusieurs compatriotes tutsis, fera encore couler beaucoup d'encre en 2008. La dernière année a vu la Couronne passer plusieurs mois à étaler sa preuve contre lui. C'est maintenant à son tour de faire entendre ses arguments. La soeur de Munyaneza témoignera dès le 7 janvier, avant que des commissions rogatoires se tiennent en France et au Rwanda. Il s'agit du premier procès du genre dans l'histoire canadienne.


3 Godson Descollines

Même s'il aurait tiré quelques coups de feu en direction du policier Stephane Edme, qui rentrait chez lui après une soirée avec une amie, le 3 juin dernier dans Montréal-Nord, Godson Descollines ne subira pas son procès pour tentative de meurtre. Ce 10 janvier, on fixera sa date de procès, au cours duquel il sera accusé d'avoir déchargé une arme à feu et intimidé un employé du système judiciaire. Ainsi en a décidé la juge Rollande Matte au terme de l'enquête préliminaire en octobre.


4 Vincent Lacroix

Récemment trouvé coupable d'avoir détroussé des milliers de petits investisseurs en effectuant pour 115 millions de dollars de retraits irréguliers dans les comptes de Norbourg, Lacroix connaîtra sa sentence le 28 janvier. L'avocat de l'Autorité des marchés financiers, Me Éric Downs, réclame une peine de prison pouvant aller jusqu'à 15 ans contre Lacroix et des amendes totalisant cinq millions de dollars.


5 Alice English

Cette agente correctionnelle de la prison de Bordeaux, âgée de 55 ans et mère de quatre enfants, subira son procès à compter du 2 février. Elle est accusée d'avoir fait entrer dans la prison, pour les détenus, 2,8 kilogrammes de haschich, un kilogramme de marijuana, 110 roches de crack, du matériel pornographique et des téléphones cellulaires. Elle aurait été payée 1000 $ pour cette livraison effectuée le 7 juillet 2005, selon la preuve.


6 Joseph Roy Martin

Le 28 janvier s'ouvrira devant jury le procès pour meurtre de cet itinérant qui aurait poignardé à mort Alain Lachapelle le 23 août 2006 à l'angle des rues Union et Saint-Urbain, au centre-ville de Montréal. La victime, un homme sans histoire, aurait commis pour seule erreur de dire «calme-toi» à l'accusé qui, selon les témoins, était en crise au moment du meurtre.


7 Michèle Richard

Encore plusieurs apparitions prévues devant les tribunaux pour la chanteuse Michèle Richard. Elle devrait subir des procès pour deux événements où elle est accusée d'avoir conduit avec les facultés affaiblies. Le premier se tiendra au palais de justice de Saint-Jérôme le 21 février, l'autre à la cour municipale de Montréal, le 19 juin.


8 René Junior Corbey

Cet homme accusé de meurtre aurait provoqué une des scènes les plus déchirantes de 2005. Le 7 juin, il aurait assassiné sa conjointe Maude Lepage, qui venait lui annoncer qu'elle le quittait pour un autre homme. Cette nouvelle flamme, le soir venu, s'inquiétant de ne pas voir rentrer sa douce, passe chercher le fils de celle-ci et se rend chez Corbey, dans un immeuble à l'angle Rachel et Iberville à Montréal. Sur place, un grand périmètre de sécurité. L'enfant a vite compris ce qui s'était passé. «Maman, maman», s'est-il époumoné, fendant le coeur de tous les intervenants présents. Le procès de Corbey, devant jury, débute le 25 février.


9 Roberto Sforza et Fabio-Nicola Cavalière

Ce sont les deux policiers qui ont procédé à l'arrestation aussi spectaculaire que musclée, filmée du haut des airs par l'hélicoptère de TVA, d'Anne-Marie Péladeau le 12 octobre 2006 à Montréal. Le premier est accusé d'agression armée à l'aide d'une lampe de poche et de voies de fait causant des lésions corporelles, le second de voies de fait simples. Ils subiront à compter du 10 mars leur procès relativement à cette affaire.


10 Raiza Milagros Castro Garcia

Cette propriétaire de garderie en milieu familial du quartier Rosemont devrait subir le 11 mars son procès pour voies de fait et agression armée sur huit enfants dont elle avait la garde. Le Journal de Montréal rapportait l'affaire en exclusivité en mars 2006. Les parents avaient alors déposé une plainte en bloc à la police de Montréal après qu'une employée de Castro Garcia leur eut rapporté ce que la dame aurait fait subir aux enfants.


11 Azim Ibragimov

Ibragimov est accusé d'avoir, avec la complicité d'Omar Bulphred, mis le feu à l'école juive Taldos Yakon Yosef le 2 septembre 2006, rue Ducharme dans Outremont, et au centre communautaire juif Ben Weider, rue Westbury dans Notre- Dame-de-Grâce, le 3 avril. Ibragimov, 23 ans, originaire du Kazakhstan, subira son procès le 7 mai. Quant à Bulphred, la date de son procès n'est toujours pas fixée, mais il devrait avoir lieu cette année. Les deux jeunes sont détenus même si, à l'enquête préliminaire, des proches d'Ibragimov sont venus témoigner de la grandeur d'âme du jeune accusé.


12 Céline Forget

Cette ancienne conseillère municipale d'Outremont, connue pour avoir mené de nombreux combats contre la prétendue complaisance de l'administration outremontaise à l'égard de la communauté juive hassidique, subira le 2 juin son procès pour avoir supposément foncé sur Israël Brewer avec sa voiture, le 4 juillet. Les conflits entre Forget et Brewer sont légendaires dans le cossu quartier et ont souvent abouti devant les tribunaux.


13 Paul Fontaine

Après des années de cavale et de procédures judiciaires, le procès de ce lieutenant de Maurice Boucher devrait finalement se tenir à compter du 8 septembre. Les accusations sont des plus lourdes. On parle de meurtres, dont celui du gardien de prison Pierre Rondeau en 1997, celui d'un rival des Rock Machine, de tentative de meurtre, de gangstérisme et de complot. Après le meurtre de Rondeau, «Fonfon» Fontaine aurait monté en grade et été promu chez les Nomads, clan guerrier des Hells Angels. Mais ce n'est qu'en mai 2004 qu'on l'a retracé dans la région de Québec, alors qu'il avait considérablement changé son apparence.








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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Ven 28 Déc - 16:09

Mise à jour: 28/12/2007 10:19
Les procès marquants 2007
Une année chargée

(Journal de Montréal) David Santerre
Le Journal de Montréal

L'année 2007 a été chargée dans les palais de justice de Montréal et des environs. L'actualité judiciaire a aussi été des plus variées, allant d'un procès pour génocide à celui de meurtriers sans pitié, en passant par des dossiers liés au scandale des commandites ou ceux d'hurluberlus comme Nima Mazhari ou Valery Fabrikant. L'année judiciaire a aussi été marquée par le procès très attendu de Vincent Lacroix, celui qui a ruiné des milliers de petits investisseurs québécois. Voici le résumé de quelques causes qui ont marqué l'année.

Maurice Boucher


En janvier, le chef du chapitre guerrier des Hells Angels, les Nomads, a vu la Couronne laisser tomber les accusations qui pesaient toujours contre lui à la suite de l'opération Printemps 2001.


On en a décidé ainsi après que la Cour suprême ait refusé d'entendre son appel sur la condamnation pour les meurtres de deux gardiens de prison. Comme il est détenu à vie, il devenait inutile de dépenser plus d'argent pour des accusations de moindre importance.


Le fisc a toutefois pris le relais des tribunaux criminels, lui réclamant 509 171, 82 $ en impôts impayés pour l'année 2000.


Désiré Munyaneza


Arrêté à Toronto, où il se réfugiait, en octobre 2005, ce présumé acteur du génocide rwandais de 1994 a décidé de subir son procès à Montréal.


Son procès a débuté le 26 mars. Il est le premier accusé en vertu d'une loi créée en 2000 permettant d'accuser au Canada de présumés criminels de guerre étrangers.


Plusieurs rescapés du génocide sont venus témoigner, anonymement, pour accuser Munyaneza de viols et meurtres.


Il était selon eux un commandant de la milice hutue qui traquait les Tutsis.


Le général Roméo Dallaire était le témoin vedette de la Couronne. Il n'a jamais vu Munyaneza, mais servait de témoin de contexte pour éclairer le juge André Denis sur ce qui s'est passé en 1994 au Rwanda.


C'est maintenant au tour de la défense de faire entendre ses arguments. Dès le 7 janvier, la soeur de Munyaneza devrait témoigner. Puis, on s'envolera pour une commission rogatoire en France, puis au Rwanda, question d'y interroger des témoins qui ne pourront venir ici.


Jean Lafleur


L'ex-publicitaire qui s'était rendu célèbre pour ses trous de mémoire aux profondeurs abyssales lors de la Commission Gomery sur le scandale des commandites s'est livré à la police le 5 avril après plusieurs mois passés au Bélize.


Dès son retour à Montréal, il était envoyé en prison. Il a rapidement plaidé coupable à 28 chefs d'accusation de fraude totalisant plus de 1,5 million de dollars, mais là s'est arrêtée sa collaboration avec la justice. Car lors des représentations sur sentence, il n'a pas fait grand-chose pour éclairer la Cour sur ce qui est advenu des millions qu'il a gagnés lorsque propriétaire de Lafleur Communication.


En le condamnant à 48 mois de pénitencier et 1,5 million de dollars d'amende, la juge Suzanne Coupal avait d'ailleurs déploré son manque de collaboration.


Il a récemment obtenu sa libération conditionnelle.


Jacques Paradis


Un autre publicitaire au nom entaché par le scandale des commandites. Mais contrairement à Jean Lafleur, celui-ci a vu son nom être blanchi en 2007.


Accusé d'avoir surfacturé Ottawa de 61 000 $ sur un contrat de visibilité fédérale au Stade olympique, il a subi son procès devant jury au début avril.


Il n'aura fallu que 40 petites minutes de délibération aux 12 citoyens pour l'acquitter le 5 avril.


Nima Mazhari


Le conjoint de Myriam Bédard a subi son procès en mai et juin. Il a été trouvé coupable par un jury d'avoir volé une vingtaine de tableaux de la célèbre peintre Ghitta Caiserman, avec qui il partageait un atelier d'artiste en 2001.


Au cours de ce procès, lui et sa championne olympique de conjointe ont livré d'étonnants témoignages, plaidant tour à tour qu'ils étaient victimes d'un complot ourdi par la famille de Myriam Bédard, qui a elle été trouvée coupable quelques mois plus tard à Québec de l'enlèvement de sa fille vers la fin 2006.


Le juge Wilbrod Décarie a été très dur à l'endroit de Mazhari, le traitant de «menteur » et le condamnant à six mois de prison.


Comme il porte la cause en appel, il ne purge toutefois pas encore sa peine.


Benoît Guay


Ex-policier de Montréal et violeur en série, Benoît Guay a plaidé coupable le 22 mars 2007 au palais de justice de Laval à 13 chefs d'accusations d'agression sexuelles, enlèvement et menaces de mort commises à Laval, Saint-Jérôme et Bois-des-Filion.


On détenait contre lui une preuve d'ADN, erreur qu'il a commise lors de sa dernière et particulièrement sordide agression, commise contre une adolescente de 15 ans entraînée sous la menace d'une arme à feu dans un abribus où il l'a sodomisée. C'était le jour de son anniversaire.


Le 12 juin, à 36 ans, Guay a été condamné à huit ans de pénitencier et été déclaré délinquant à contrôler.


Vincent Lacroix


Au cours des derniers mois, le président déchu de Norbourg a lamentablement échoué dans sa tentative de se défendre seul de 51 chefs d'accusation d'avoir fait des retraits irréguliers de 115 millions de dollars à son profit, détroussant ainsi des milliers de petits investisseurs.


Le juge Claude Leblond a de surcroît refusé d'entendre presque tous les témoins qu'il voulait appeler à la barre.


Trouvé coupable le 11 décembre, il a par la suite, lors des représentations sur sentence, écouté des investisseurs floués qui ont raconté leur désespoir, certains ayant perdu les économies de toute leur vie. Devant eux, il est resté de marbre.


Il a répliqué que c'est en tentant de corriger un trou de 300 000 $ qu'il a perdu le contrôle et que le tout a dégénéré. Il connaîtra sa sentence le 28 janvier.








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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Sam 22 Déc - 9:01

Ah... si j'étais le Père Noël
David Patry
22-12-2007 | 04h00
Tout le monde a déjà rêvé d’être le Père Noël. D’avoir les moyens de donner vraiment ce qu’on désire à ses proches, sans compter… C’est exactement ce que nous avons demandé à Laurent Paquin. L’humoriste ne s’est pas gêné pour combler quelques-unes des personnalités qui ont marqué 2007. Des cadeaux simples,mais qui à coup sûr changeront la vie de leur destinataire! Comme quoi, pour Noël, il est toujours possible de joindre l’utile à l’agréable.
MARIO DUMONT
Que pourrais-je offrir à Mario Dumont? Une girouette? Ce serait joli, mais trop facile. Avouez que c’est la première chose qui vous est venue à l’esprit, vous aussi! Mais quoi d’autre, sinon? Ah! je sais! La chose dont Mario rêve depuis presque 15 ans: une équipe!

BRIAN MULRONEY
Je lui enverrais probablement juste une carte. Pas de cadeau. Il en a déjà eu assez. D’ailleurs, ce serait ma suggestion à ceux qui comptent offrir quelque chose à monsieur Mulroney cette année: une belle carte de Noël… mais dans une enveloppe brune. J’aimerais voir sa tête quand il recevra son courrier!

PAULINE MAROIS
Je lui donnerais une jolie carte de Noël avec la seule mention: «Two-five-four-six- o-one-one!»

STÉPHANE DION
Je lui offrirais un livre célèbre, immense best-seller, qu’il n’a visiblement jamais lu: Comment se faire des amis, de Dale Carnegie. Les amis Facebook… ça compte pas! Ou encore des cours de fakir. Ça lui serait utile pour dormir avec tous ces poignards plantés dans son dos…

JULIE BOULET (MINISTRE DES TRANSPORTS)
On reste dans le domaine de la lecture avec: Éloge de la lenteur, par Carl Honoré. Un livre que je conseille à tous. En fait, je le lui offrirais à elle, mais aussi au journaliste du Journal de Montréal qui l’a piégée. Ben oui ! Fallait bien qu’il roule à 130km/h lui aussi pour pouvoir la coincer!

MYRIAM BÉDARD
Je lui offrirais le livre Le Lavage de cerveau, mythe ou réalité?, de Massim Introvigne et Dick Anthony. Je n’ai rien contre le chum de Myriam, mais depuis qu’on l’a accusé d’avoir volé des tableaux, je ne peux plus le voir en peinture. Oui, c’est un jeu de mots facile, j’avoue.

ANDRÉ DROUIN (CÉLÈBRE CONSEILLER D’HÉROUXVILLE)
Pour monsieur Drouin, un bel exemplaire tout neuf du Code civil. Juste pour qu’il sache que la lapidation, c’est DÉJÀ interdit par la loi! Alors qu’Hérouxville se le tienne pour dit: vous n’avez pas besoin d’insulter les immigrants qui pourraient vouloir s’installer chez vous. Quoique je soupçonne qu’ils ne soient pas très nombreux actuellement.

STEPHEN HARPER
Je lui donnerais deux billets pour mon prochain gala du Festival Juste pour rire. J’ai l’impression qu’il aura beaucoup de plaisir à m’entendre parler de lui. De toute façon, je ne peux pas lui offrir un livre parce que, c’est bien connu, il ne lit pas!

JOHN BAIRD (MINISTRE CONSERVATEUR DE L’ENVIRONNEMENT)
Comme cadeau, je lui offrirais un nouveau ministère! Quoiqu’en y réfléchissant bien… ce serait plutôt un cadeau pour l’ensemble des Canadiens…

JEAN CHAREST
Je lui offrirais des cours de théâtre. Ou, du moins, des cours d’intonations. Comme ça, on aurait peut-être moins l’impression qu’il s’endort lorsqu’il fait ses infopubs intitulées «Le premier ministre vous répond». On dirait le retour des avis de décès à la radio.

LES JOUEURS DU CANADIEN
Je leur achèterais l’album disco de Guy Lafleur, paru dans les années 1970. Il leur serait très utile, je crois. Avec des chansons comme Déjouer un adversaire ou encore Marquer un but. Écoutez attentivement et prenez des notes.

VINCENT LACROIX
Bientôt, on pourra lui apporter des oranges. Mais pour être original, j’opterais plutôt pour… une ceinture de chasteté. Au cas où certains codétenus souhaiteraient lui faire ce qu’il a lui-même fait à 9200 investisseurs de Norbourg.


KARL-HEINZ SCHREIBER
Je lui ferais envoyer un immense bouquet de fleurs. Immense! Avec une jolie carte marquée: «Merci!» Et je signerais: «Le Parti libéral du Canada.»
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Lun 17 Déc - 10:18

Mise à jour: 17/12/2007 06:55
Procès Vincent Lacroix
Gomery en rajoute

(Journal de Montréal) Vincent Larouche
Le Journal de Montréal


Les propos de la ministre des Finances, au sujet de la sentence à imposer à Vincent Lacroix, continuent de susciter la réprobation. © PRESSE CANADIENNE
Critiquée de toutes parts pour avoir demandé une peine sévère pour Vincent Lacroix avant même la fin du procès, la ministre Jérôme-Forget s'attire maintenant les réprimandes du juge John Gomery, qui lui conseille de s'abstenir de telles interventions à l'avenir.

«Je pense que ce serait un bon conseil à Mme la ministre de s'abstenir de tels commentaires. C'est encore devant le juge et ce n'est pas encore le moment», a expliqué l'ancien président de la Commission d'enquête sur le scandale des commandites, en entrevue au Journal de Montréal.


Vendredi, Mme Jérôme-Forget s'était exprimée en chambre sur le genre de sentence que le juge Claude Leblond devrait imposer à Vincent Lacroix, reconnu coupable de 51 chefs d'accusations.


«On attend une sentence. Nous souhaitons vivement que cette sentence reflète l'indignation que nous avons tous, ici, dans cette Assemblée, à l'endroit de ce qui est arrivé aux épargnants», avait-elle déclaré.


Déplacés


Même s'il est convaincu que le juge Leblond saura faire fides pressions extérieures dans son jugement, John Gomery trouve les propos de Mme Jérôme-Forget déplacés.


«Les apparences sont importantes à préserver, et les politiciens doivent éviter toute apparence de tentative d'influencer les juges», dit-il.


«C'est du jamais vu»


Encore plus virulente, l'ex-juge Andrée Ruffo affirme que les propos de la ministre sont «effrayants» et «inacceptables».


«C'est du jamais vu, qu'une ministre se lève et réclame une sentence qui selon elle serait appropriée», dit Mme Ruffo.


Rappel à l'ordre


«J'ose croire que c'est un faux pas et non une attitude de mépris de la justice. Mais il faut la rappeler à l'ordre pour éviter qu'il y en ait d'autres. Le pouvoir judiciaire est un pouvoir indépendant», insiste-t-elle.


D'autant plus que la bévue de la ministre pourrait donner des munitions à Vincent Lacroix s'il s'estime lésé.


«Si j'étais l'avocate de Vincent Lacroix, je taperais des mains en voyant ça», dit Mme Ruffo.


Le président de l'Association des avocats de la défense, Me Renald Beaudry, croit aussi qu'il faut laisser le juge délibérer seul sur la sentence à imposer.


«La ministre n'a pas à se mêler de ça d'aucune façon. Pour moi, c'est une ingérence», s'insurge-t-il.







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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Dim 16 Déc - 9:40

Mise à jour: 16/12/2007 07:25
Vincent Lacroix
Ministre dans l'eau chaude

(Journal de Montréal) Vincent Larouche
Le Journal de Montréal


Monique Jérôme-Forget © Photo LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
La ministre Monique Jérôme- Forget se retrouve dans l'eau chaude pour avoir demandé que Vincent Lacroix reçoive une peine sévère, un souhait perçu par plusieurs comme de l'ingérence dans le processus judiciaire.
::encart::

«Aussi ministre soit-elle, elle ne peut pas se mettre à faire des déclarations comme ça, ce n'est pas sain pour la justice au Québec», déplore l'avocat et ex-ministre de la Justice Marc Bellemare.


Vendredi, Mme Jérôme-Forget s'était exprimée en chambre sur le genre de sentence que le juge Claude Leblond devrait imposer à Vincent Lacroix, reconnu coupable de 51 chefs d'accusation.


«On attend une sentence. Nous souhaitons vivement que cette sentence reflète l'indignation que nous avons tous, ici, dans cette Assemblée, à l'endroit de ce qui est arrivé aux épargnants», a-t-elle déclaré.

Irritation

Pour Me Bellemare, qui a fréquenté plusieurs juges au cours de sa longue carrière, les propos de la ministre ont certainement irrité la magistrature.


«C'est sûr, parce que les juges sont fiers de leur indépendance. La séparation entre les pouvoirs exécutif et judiciaire, c'est sacré dans une démocratie», dit-il.


Sans vouloir commenter les propos de Mme Jérôme-Forget, l'avocat Jean-Claude Hébert a tenu à rappeler que des juges avaient déjà décrété l'arrêt des procédures dans certains procès en raison de déclarations publiques faites par des politiciens.


Le leader parlementaire de l'opposition officielle, Sébastien Proulx, a bondi en entendant la ministre en chambre.


«Ça m'a surpris, parce que quelqu'un qui a autant d'expérience sait qu'il y une ligne à ne pas franchir entre l'exécutif et le judiciaire», dit-il.


Le député affirme que l'intégrité du système démocratique québécois repose sur cette séparation, et que les propos de Mme Jérôme- Forget déteignent sur l'ensemble de l'Assemblée nationale.


L'attachée de Mme Jérôme- Forget, Catherine Poulin, a dit au Journal hier que les propos de sa patronne ont été mal interprétés par ses détracteurs.

Le souhait de l'AMF

«C'est l'Autorité des marchés financiers qui a réclamé une peine sévère, et la ministre n'a fait que répéter le souhait de l'AMF. Elle comprend très bien la différence entre l'exécutif et le judiciaire», dit-elle.


L'attaché du premier ministre, Hugo D'Amours, a précisé hier que Mme Jérôme-Forget avait toute la confiance de son chef.










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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Ven 14 Déc - 8:08

Mise à jour: 14/12/2007 04:00
Témoignage
Comment Lacroix dit avoir tenté un rattrapage



Photo © ARGENT
Alain Bisson
Le Journal de Montréal
Vincent Lacroix s’est mis à table hier et a admis avoir pigé 115,3 M$ dans l’argent des investisseurs des fonds Norbourg, Évolution et Éloria, mais il a tenté de se disculper en soutenant qu’il a agi ainsi pour couvrir une succession de mauvais investissements.

Après avoir nié la preuve écrasante faite contre lui tout au cours de son procès pénal, M. Lacroix a vidé son sac à l’étape de la preuve sur sentence qu’entend depuis mercredi le juge Claude Leblond, de la Cour du Québec.

Le magistrat avait reconnu M. Lacroix coupable mardi de l’ensemble des 51 chefs d’accusation déposés contre lui par l’Autorité des marchés financiers au terme de 49 jours d’audience.

M. Lacroix a expliqué avoir commis les premiers des 137 retraits irréguliers qu’il a réalisés peu après un investissement de 5 M$ de la firme Opvest, une filiale de Desjardins, en mars 2000.

La volatilité des titres et l’inexpérience de l’équipe de Norbourg à l’époque ont rapidement creusé un trou dans le capital d’Opvest, a dit M. Lacroix.

Pis, a-t-il ajouté, une erreur de calcul a aggravé le bilan de 300 000 $.

Plutôt que d’avouer, M. Lacroix a décidé de cacher la débandade, dans le dessein de rétablir la santé du portefeuille de son client avec des transactions plus judicieuses, a-t-il soutenu.

Mais « en transigeant, on a empiré les choses. C’était une erreur monumentale d’avoir voulu réparer cette erreur sans en parler à personne », a déclaré Vincent Lacroix.

La fuite en avant
Le fondateur déchu de Norbourg a soutenu que la suite des choses - 137 retraits frauduleux totalisant 115,3 M$ sur 5 ans - n’a été qu’une malhabile fuite en avant animée par l’espoir de combler les trous en pigeant là où il y avait de l’argent.

Ainsi, les 25 M$ ravis aux investisseurs au fil des ans pour l’achat de sociétés, les 4,7 M$ détournés pour l’acquisition de clientèle ou les 12,4 M$ utilisés pour des investissements immobiliers personnels ou familiaux avaient pour but ultime de générer de l’argent afin de renflouer les pertes précédentes, a dit M. Lacroix sans broncher.

« C’était la théorie des vases communicants. Ç’a été une grave erreur », a-t-il avancé.

Même les 7,9 M$ de l’argent des investisseurs consacrés à l’achat d’actions de Dianor à son nom devaient éventuellement servir à remettre à flot les fonds Norbourg et Évolution, a assuré M. Lacroix.

On ne sait pas comment les millions utilisés à des fins personnelles s’inscrivent dans cette théorie.

Le juge Leblond a laissé l’accusé développer sa thèse une bonne partie de la journée, puis il a demandé : « Ce que vous me dites, c’est que ç’a commencé avec un problème de 300 000 $ (en 2000) et que, pour réparer cette fuite, on est rendu à des ponctions de 115 M$ le 25 août 2005 ? »

« C’est évident qu’on n’aurait jamais dû arriver à cette gestion du rattrapage », a répondu Vincent Lacroix, qui poursuit son témoignage aujourd’hui.

abisson@journalmtl.com







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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Ven 14 Déc - 8:07

Mise à jour: 14/12/2007 04:00
Témoignage
Le chapeau de falsificateur conviendrait mieux à Asselin



Photo © Corbis
Alain Bisson
Le Journal de Montréal
Le chapeau de falsificateur de documents convient beaucoup mieux à Éric Asselin, son ancien bras droit, qu’à Vincent Lacroix, a soutenu hier l’ex-président de Norbourg.

M. Lacroix, qui a été reconnu coupable de 24 chefs d’accusation en ce sens, mardi, a assuré que M. Asselin était au parfum de ce qui se tramait d’irrégulier chez Norbourg lorsqu’il a pris le poste de chef des finances, en 2002.

M. Asselin était auparavant à l’emploi de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et est celui qui a dénoncé Vincent Lacroix aux autorités en échange d’une immunité, en 2005.

Vincent Lacroix a même soutenu qu’Éric Asselin a été le maître d’oeuvre de la production de faux documents à l’AMF et que sa connaissance de la chose réglementaire lui a permis de rouler les enquêteurs dans la farine.

« M. Asselin était un magicien avec les inspecteurs », a dit M. Lacroix.

Lors de son témoignage, le patron déboulonné de Norbourg a aussi pointé du doigt l’AMF et le vérificateur KPMG et leur fait porter une partie de la responsabilité du scandale Norbourg.

Son raisonnement est le suivant : les choses ne tournaient pas rond chez Norbourg, mais aucun de ces surveillants des activités de l’entreprise ne l’a relevé. Ce « laxisme » a permis à la société et à son actionnaire unique de continuer d’utiliser impunément l’argent des investisseurs. L’AMF et KPMG sont donc coupables par association, ce qui relativise sa responsabilité, a soutenu en substance l’accusé.







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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Jeu 13 Déc - 7:20

Mise à jour: 13/12/2007 04:00
Norbourg
Des victimes ont songé au suicide


Alain Bisson
Le Journal de Montréal
En dilapidant l’argent des investisseurs, Vincent Lacroix a brisé des vies, miné des santés, hypothéqué des avenirs et même instillé des idées suicidaires chez certaines des victimes du scandale, ont témoigné quelques-unes d’entre elles hier.

«Norbourg est un cancer dans mon corps», a dit Gilles Viel avec émotion, devant une assistance médusée par toute la détresse qu’avaient exprimée jusque-là les cinq témoins appelés à la barre dans le cadre des représentations sur la sentence de l’ex-président de Norbourg.

M. Viel, un conseiller en épargne collective, a perdu lui-même plus de 230 000 $ avec la déconfiture des fonds Norbourg et Évolution. Et ses clients ont casqué 1,2 M$, a-t-il indiqué.

Le père de six enfants et grand-père de six autres a raconté au juge Claude Leblond qu’il ne se passe pas une journée depuis l’éclatement du scandale, le 25 août 2005, sans qu’il ne soit «coincé entre la colère et la dépression».

Colère de devoir se lever chaque matin pour aller travailler, alors qu’il espérait une retraite douce et tranquille à 61 ans, et dépression d’avoir entraîné dans la tourmente des clients aujourd’hui méfiants mais qui lui faisaient pleine confiance à l’époque.

M. Viel a aussi avancé être un homme en sursis, tellement l’affaire Norbourg a miné sa santé.

«Mon médecin m’a dit qu’un anévrisme ou un infarctus m’attendent si je ne me tiens pas tranquille, mais je ne suis pas capable.»

«J’étais anéantie»

Avant lui, Diane Ruest, 61 ans, a raconté son histoire, celle d’une grande soeur attentionnée qui a dû quitter sa cadette handicapée et s’expatrier de «sa» région de Rimouski pour un travail à temps plein dans la région de Trois-Rivières.

«Elle a moins de soins depuis que je suis partie. Je ne pourrai pas la voir avant le printemps parce que je n’ai pas assez de congés», a dit Mme Ruest avec tristesse.

Dans un moment de découragement manifeste, elle a ajouté: «Je n’ai pas de famille ici, je vais passer Noël et le jour de l’An toute seule et pauvre.»

L’ex-employée d’Hydro-Québec, maintenant à l’emploi d’un centre d’appels à 9 $ de l’heure, a avoué avoir songé «très sérieusement» au suicide, après avoir appris qu’elle avait perdu la moitié de son capital de retraite avec l’effondrement de Norbourg.

«J’étais comme anéantie, je n’avais plus d’avenir. À cause de l’insécurité, je pensais juste à ça.»

Michel Vézina, 68 ans, retourné à son métier de débosseleur après une perte de 310 000 $, Jean-Guy Houle, le tuteur de ses deux petites-filles dépossédées des indemnités récoltées à la suite de la mort de leurs parents, et Réal Ouimet, ex-directeur de la police de Bromont et responsable de la sécurité à SkiBromont depuis la perte de son fonds de retraite de 310 000 $, ont également livré des témoignages poignants.

√ Vincent Lacroix témoignera aujourd’hui dans le cadre des représentations sur sentence.





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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Jeu 13 Déc - 7:19

Mise à jour: 13/12/2007 04:00
Norbourg
La réaction de Vincent Lacroix


Alain Bisson
Le Journal de Montréal
«Vincent Lacroix est de glace, il est froid, il ne réagit pas», a déclaré le témoin Michel Vézina, au cours d’une pause hier.

«Je ne m’attends à rien de lui», a répondu le débosseleur à une question d’un journaliste.

De fait, M. Lacroix n’a pas beaucoup réagi aux témoignages déchirants livrés en cour. Il prenait des notes et a posé une seule question, à Gilles Viel, au sujet d’un courriel que ce dernier lui a envoyé le 19 octobre dernier.

Une fois les témoignages terminés, la poursuite a fait visionner au juge Claude Leblond quelques entrevues accordées par l’accusé au cours des dernières semaines et années.

Le but était de faire voir au juge à quel point Vincent Lacroix nie l’évidence, fait porter le chapeau à d’autres personnes que lui au sujet du scandale Norbourg et continue de prétendre qu’il est un bouc émissaire.

«Je suis une victime au même titre que les investisseurs», a-t-il déclaré en février 2006 sur les ondes de Canal Argent.

Rappelons que Vincent Lacroix a été déclaré coupable mardi des 51 chefs d’accusation pénale déposés contre lui en vertu de la Loi sur les valeurs mobilières.





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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Jeu 13 Déc - 7:17

Mise à jour: 13/12/2007 04:00
Norbour
L'implication de la Caisse a eu l'effet d'une caution morale


Alain Bisson
Le Journal de Montréal
L’implication de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans la transaction qui a fait passer les fonds Évolution dans le giron de Norbourg, en décembre 2003, a eu l’effet d’une caution morale pour de nombreux investisseurs.

C’est ce qu’ont raconté trois des investisseurs floués qui ont témoigné hier.

«Les gens me disaient: Gilles, c’est-tu correct? Je leur répondais que oui», a dit Gilles Viel, conseiller en épargne collective, en exhibant au juge Claude Leblond un communiqué de presse de Norbourg émis le 19 décembre 2003.

M. Viel en a lu un passage citant Michel Fragasso, président de Capital Teraxis, le vendeur, qui était une filiale à 80 % de la Caisse.

«Cette acquisition sera bénéfique pour tous : les employés, les clients et nos conseillers financiers. Non seulement ils auront accès à une gamme plus vaste de produits, mais nous sommes convaincus que les compétences et le savoir-faire de l’équipe de gestion de Norbourg contribueront à l’essor et au maintien de la spécificité des fonds Évolution», avait déclaré M. Fragasso.

Réal Ouimet a raconté qu’il dormait sur ses deux oreilles avant l’éclatement du scandale Norbourg, le 25 août 2005, puisqu’il pensait toujours que la Caisse gérait son argent.

«Mon planificateur m’a appelé pour m’aviser que quelqu’un avait fouillé dans nos fonds. Je lui ai répondu que je n’étais pas avec Norbourg, que j’étais avec la Caisse de dépôt et placement.»

De son côté, Michel Vézina tient la Caisse «complètement responsable» du fiasco parce qu’elle a accepté de vendre les fonds Évolution à une entreprise qui était déjà l’objet de nombreuses suspicions.





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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mer 12 Déc - 7:37

Scandale Norbourg
Des victimes réclament une enquête publique
Mise en ligne 12/12/2007 04h00

Photo © Corbis
Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal

En dépit du verdict de culpabilité prononcé à l’encontre de Vincent Lacroix, les victimes de Norbourg réclament toujours la tenue d’une enquête publique pour faire la lumière sur cette affaire.

Plusieurs milliers d’investisseurs ont perdu leurs économies après que Capital Teraxis, qui était détenu à 80 % par la Caisse de dépôt et placement, a vendu le Fonds Évolution inc. à Norbourg, à leur insu.

D’autres se questionnent sur le rôle de l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans cette histoire.

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, ne va pas aussi loin. Elle a annoncé en après-midi qu’elle verra à renforcer les pouvoirs de l’AMF en déposant un projet de loi dès la semaine prochaine.

«On ne peut plus tolérer des situations comme celle qui s’est passée avec Vincent Lacroix», a-t-elle déclaré.

La ministre a fait savoir par son attaché de presse qu’une enquête publique n’est pas souhaitable à l’heure actuelle en raison du processus judiciaire qui est toujours en cours dans cette affaire.

Enquête publique

En revanche, les partis d’opposition soutiennent une telle mesure. «On s’étonne que le gouvernement ne fasse rien pour les petits épargnants. Nous suggérons deux avenues pour les soulager. La première, la mise sur pied d’un fonds d’indemnisation pour les victimes exclues du règlement de l’AMF et la seconde, une enquête publique», réagit le porte-parole de l’Action démocratique du Québec en matière d’institutions financières, Gilles Taillon.

Même son de cloche au Parti québécois.

«Nous allons revenir à la charge pour demander une enquête publique», précise le député péquiste de Rimouski et critique en matière d’institutions financières, Irvin Pelletier.

«Il y a trop de parties dans cette affaire. Je ne peux pas comprendre que M. Lacroix ait pu faire ça pendant aussi longtemps au vu et au su des autorités», poursuit-il.

Avec LA PRESSE CANADIENNE
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mer 12 Déc - 7:36

Mise à jour: 12/12/2007 04:00
Les représentations sur sentence commence aujourd'hui
Lacroix: la poursuite amène des victimes à la barre



Photo © ARGENT
Alain Bisson
Le Journal de Montréal
Des victimes du scandale Norbourg raconteront leurs déboires aujourd’hui avec l’espoir de convaincre le juge Claude Leblond de se montrer sévère avec Vincent Lacroix.

La poursuite a en effet indiqué hier qu’elle fera entendre quelques investisseurs floués par Vincent Lacroix à l’étape des représentations sur sentence.

«Il y a de nombreux facteurs aggravants, et nous avons l’intention de demander la peine la plus dissuasive possible avec de l’emprisonnement et des amendes», a déclaré Éric Downs, l’avocat de l’AMF, après le verdict.

La poursuite déposera également une étude des autorités réglementaires en valeurs mobilières sur les conséquences sociales des infractions semblables à celles qu’a commises M. Lacroix.

De plus, afin de mettre en preuve le manque de remords de l’accusé, Me Downs utilisera des déclarations que M. Lacroix a faites à des journalistes.

Lacroix est passible de cinq ans moins un jour de prison et de 5 M$ d’amende pour chacun des 51 chefs d’accusation pour lesquels il a été trouvé coupable. Ses risques de recevoir des peines cumulatives sont à peu près inexistants.





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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Lun 10 Déc - 7:25

Mise à jour: 10/12/2007 04:00
Le verdict demain
Les victimes de Vincent Lacroix souhaitent le voir en prison à Noël


Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal
Les victimes du scandale de Norbourg souhaitent voir Vincent Lacroix passer Noël derrière les barreaux et toutes voudraient bien savoir comment il a pu faire disparaître leurs économies, à la barbe des autorités.

À la veille du verdict qui sera prononcé contre Vincent Lacroix, les victimes de Norbourg ne sont pas tendres envers l’ex-financier.

« Lacroix a bousculé notre vie. Il a fait du mal à des gens de mon âge. Quand bien même il irait en prison, ça ne mettra pas de l’argent dans mes poches. Où est la justice pour les pauvres ? C’est révoltant », lance Michel Vézina.

M. Vézina, comme les autres victimes dont le Journal relate aujourd’hui les déboires, a perdu beaucoup d’argent dans l’affaire Norbourg, 300 000 $ précisément : toute sa retraite. À 68 ans, il a dû retourner au travail, ruiné.

Il n’est pas le seul dans cette triste situation. Réal Ouimet, 64 ans, vit le même calvaire, tandis que d’autres ont vu leur héritage s’envoler en fumée, du jour au lendemain, évanoui dans la fraude qu’aurait orchestrée Vincent Lacroix.

Ces victimes ont en commun de n’avoir pas investi de l’argent directement dans l’entreprise du financier, dont le sort sera connu demain.

Toutes avaient placé leurs économies dans les fonds Évolutions, gérés par la Caisse de dépôt et placement, puis vendus en 2003-2004 à Norbourg.

« Il n’y a personne qui m’avait dit que Lacroix avait acheté mon fonds. Lacroix a tout pris l’argent que j’avais accumulé. Je l’ai gagné, cet argent-là, je l’avais mis dans des obligations safe, pas dans les mines ! » fulmine M. Ouimet.

Noël en prison
Malgré les sommes qu’elles ont perdues, ces victimes ne seront pas indemnisées par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Seules celles qui ont subi une fraude lors de la distribution des produits et services financiers de Norbourg l'ont été.

Par conséquent, sur les quelque 9200 victimes dans cette histoire, seules 925 ont reçu des sommes couvrant partiellement ou en totalité leurs pertes : une moyenne de 35 000 $ par indemnisé.

« Je ne le prends pas encore. C’est comme si personne n’était responsable dans cette affaire », dit Lise Paradis, qui a perdu 84 000 $ dans le scandale.

« C’était la totalité de ma retraite », souffle la dame de 52 ans qui espère, tout comme ses compagnons d’infortune, que Lacroix passera plusieurs Noël derrière les barreaux.



Mise à jour: 10/12/2007 04:00
Le verdict demain
Sept victimes, sept histoires


Martin Bisaillon
Le Journal de Montréal
Nom : Michel Vézina

Âge : 68 ans

Statut : Retraité, il est devenu débosseleur.

Pertes : Toute sa retraite, 300 000 $

L’homme de 68 ans, qui a commencé à travailler comme journalier dans les fermes à 10 ans, croyait pouvoir aspirer à une retraite bien méritée quand, en août 2005, il a su qu’il était ruiné.

« Dès septembre 2005, il a fallu que je retourne au travail comme débosseleur parce que j’ai tout perdu dans cette affaire-là », relate M. Vézina.

« J’ai toujours planifié pour ne pas avoir d’ennuis à la retraite. Mais avec ça, on a été obligés, ma femme et moi, de changer notre façon de vivre. J’ai commencé à liquider certains de mes biens. Ça rend la vie très dure. Pourquoi j’ai subi ça ? » demande le sexagénaire de Saint-Hubert.

« Moi qui ai toujours travaillé. Quand on vit quelque chose comme ça, on a le goût de revirer le monde à l’envers. Il faut faire une croix là-dessus et vivre avec, sinon on ne dort plus la nuit. »

------ Nom : Réal Ouimet

Âge : 64 ans

Statut : retraité de la police, il a dû trouver un boulot à la sécurité de la station Bromont.

Pertes : Toute sa retraite, 310 000 $

Ayant oeuvré dans la police pendant 38 ans, dont 28 à la direction de la police de Bromont, Réal Ouimet a placé toutes ses économies de retraite dans le fonds Teraxis, vendu à Norbourg par la Caisse de dépôt et placement.

« Je m’étais assuré de 2000 $ par mois. En bout de ligne, je n’ai reçu qu’un chèque », relate-t-il.

« L’AMF a vraiment dormi sur la switch. Pourquoi Northern Trust (le gardien des valeurs) laissait sortir de l’argent comme ça ? Quand est-ce que l’on va savoir quelque chose ? » questionne-t-il.

« Lacroix joue à la victime mais il n’est rien qu’un voleur en cravate. J’en veux à l’AMF parce que si ça n’avait pas été de la délation d’Éric Asselin, ça aurait continué », croit-il.

« Quand tu travailles toute ta vie ; ça fait chier. M’a avoir 65 ans pis il a fallu que je retourne travailler pour gagner ma vie ! » rage-t-il.

« Tout ce que je voulais, c’était ma retraite de 2000 $ par mois. »

-------

Noms : Abigail et Daphney Houle

Âge : 6 et 13 ans

Statut : Orphelines

Pertes : 195 000 $ (leur héritage)

Le 22 janvier 2003, les parents et la soeur de Daphney et Abigail Houle sont décédés des suites d’un terrible accident de la circulation survenu rue Notre-Dame, à Montréal, lorsque leur fourgonnette a happé un camion roulant en sens inverse.

Après la tragédie, leurs tuteurs ont investi deux montants de 97 500 $ pour les fillettes dans le fonds Évolution de la Caisse de dépôt et placement, cédé à Norbourg en 2004.

« Je voudrais savoir pourquoi Vincent Lacroix nous a fait ça et lui demander s’il se rend compte de ce qu’il a fait », lance Daphney Houle, 13 ans, qui compte bien assister à l’audience de demain.

Son grand-père, Jean-Guy Houle, l’accompagnera. Il souhaite émouvoir le financier déchu.

« Je veux lui donner une lettre avec la photo de mes deux petites-filles pour qu’il se souvienne des enfants. Peut-être que ça va lui donner une plaie au coeur », espère-t-il.

-------

Nom : Chantal Couture

Âge : 41 ans

Statut : Ouvrière dans une usine

Pertes : 100 000 $

Chantal Couture avait placé l’héritage de 100 000 $ reçu à la mort de ses parents dans un fonds Perfolio géré à l’origine par la Caisse de dépôt et placement, puis vendu à Norbourg en 2004.

Formée en Europe, elle exerçait le métier de designer d’intérieur avant l’affaire Norbourg. Ruinée, elle a dû renoncer à son indépendance financière et au métier qu’elle avait choisi d’exercer.

« Je n’ai plus la liberté de travailler à contrat comme autrefois, Ça m’a pris deux ans pour me replacer dans une usine où je travaille un minimum de 40 heures par semaine pour joindre les deux bouts », déplore-t-elle.

« Je veux une enquête publique. Je veux savoir ce qui s’est réellement passé dans cette affaire. Je ne crois pas que Lacroix ait pu faire ça tout seul. Où est l’argent ? Qui sont les responsables de ce fiasco ? » demande-t-elle.

-------

Nom : Lise Paradis

Âge : 52 ans

Statut : Courtière d’assurances

Pertes : 84 000 $

Lise Paradis croyait avoir placé en lieu sûr ses fonds destinés à sa retraite. Tellement que quand en août 2005, les médias ont relaté la fraude de Lacroix, elle s’est apitoyée sur le sort des victimes jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle-même avait été arnaquée dans l’affaire.

« L’argent doit bien être quelque part ? Si j’avais Vincent Lacroix devant moi, je ne me contiendrais pas. C’est très dur à vivre, toute cette colère en soi », dit celle qui ne sait pas quand elle prendra sa retraite.

« J’ai fait confiance à l’AMF, à mon courtier et au système et en bout de ligne, je suis ruinée. »

-------

Nom : Jacinthe Mathieu

Âge : 66 ans

Statut : Retraitée de la santé

Pertes : 50 000 $

« J’ai perdu 50 000 $ dans le fonds Évolution », dit Jacinthe Mathieu (pseudonyme), une retraitée du réseau de la santé âgée de 66 ans.

« Lacroix, je n’ai rien à lui dire. Il n’a pas l’air d’être dans notre monde. Les plus grands fautifs sont l’AMF : ceux qui étaient censés nous défendre. Même si la loi va pénaliser Lacroix, nous ne saurons jamais ce qui s’est passé », poursuit Mme Mathieu.

« Je regarde le gouvernement qui talonne les assistés sociaux, qui peut établir que certaines vivent ensemble pour les pénaliser et je me demande alors comment il se fait qu’on se soit fait voler des millions et que personne ne soit au courant de rien », illustre-t-elle.

De l’avis de Mme Mathieu, l’important dans cette histoire est de faire en sorte que toutes les victimes soient remboursées « car le vol a été prouvé », soutient-elle.





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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mer 14 Nov - 7:38

Procès de Vincent Lacroix
Dix-neuf éléments montrent que Lacroix avait l'intention de commettre un crime, dit l'AMF
Mise en ligne 14/11/2007 04h00

Alain Bisson
Le Journal de Montréal

Non seulement est-il manifeste que Vincent Lacroix a participé directement ou indirectement aux 137 détournements de 115,3 M$ dans les fonds Éloria, Norbourg et Évolution, mais encore il est évident que l’ex-président de Norbourg avait l’intention coupable de commettre ces infractions, soutient l’Autorité des marchés financiers (AMF).

L’avocat de l’AMF, Éric Downs, a commencé sa plaidoirie en milieu de matinée, après la fin de l’exercice similaire par voie de questions imposé par le juge Claude Leblond à Vincent Lacroix, lundi et en début de journée hier.

Résumé de la preuve

Pour soutenir son propos, la poursuite a présenté au juge un document de 88 pages résumant la preuve faite contre M. Lacroix depuis le début du procès pénal amorcé en mai.

Me Downs soutient dans sa plaidoirie écrite que 19 éléments de preuve démontrent hors de tout doute que M. Lacroix a commis et avait l’intention de commettre les infractions reflétées par les 51 chefs d’accusation dont il fait l’objet.

L’avocat donnera ses explications orales sur ses prétentions à la reprise du procès, ce matin.

Signatures

Il expliquera entre autres qu’une experte en écriture, Monique Boisseau, a formellement identifié la signature de M. Lacroix sur de nombreuses demandes de retraits irréguliers dans l’argent des investisseurs.

De plus, selon Me Downs, le fait que les montants de 39 retraits irréguliers réalisés dans les fonds Norbourg et Évolution aient été utilisés pour confectionner de faux relevés de comptes de courtage au nom de M. Lacroix milite aussi pour une déclaration de culpabilité sur la base de l’implication et de l’intention coupable du patron déchu de Norbourg.

L’avocat ajoute dans sa plaidoirie écrite que Vincent Lacroix est le signataire de 39 des 48 demandes de retraits irréguliers faites après le lancement par l’AMF d’une enquête administrative sur Norbourg, le 24 octobre 2004.

«Au sommet de la pyramide»

Dans ses commentaires oraux au juge sur la première partie de son document, Me Downs a fait valoir que la preuve révèle que Vincent Lacroix «était au sommet de la pyramide des sociétés Norbourg».

Tous les acteurs de la société associés au scandale relevaient de lui, et Vincent Lacroix en menait large dans la société, a-t-il soumis.

«La preuve testimoniale prouve une gestion contrôlante, un patron qui centralisait les décisions, qui savait ce qui se passait au sein de son groupe», a déclaré l’avocat.

De surcroît, avance Me Downs, M. Lacroix est le signataire des demandes d’ouverture des 26 comptes bancaires par lesquels les 115,3 M$ de retraits irréguliers ont transité et il était le seul signataire autorisé pour les retraits de la grosse majorité ces comptes.

Au sujet des 27 premiers chefs d’accusation, soit d’avoir influencé la valeur des parts des fonds «par des pratiques déloyales, abusives ou frauduleuses», l’avocat de l’AMF a dit ce qui suit: «Il appert clairement de la preuve que Vincent Lacroix doit être déclaré coupable»

√ Le procès de Vincent Lacroix devrait normalement se terminer aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mar 13 Nov - 7:37

Il admet implicitement l'essentiel des accusations
Lacroix se demande s'il n'aurait pas dû témoigner
Mise en ligne 13/11/2007 04h00

Photo © ARGENT
Alain Bisson
Le Journal de Montréal

Vincent Lacroix a admis implicitement l’essentiel des accusations déposées contre lui à la reprise de son procès pénal hier devant la Cour du Québec.

Interrogé par le juge Claude Leblond, l’ex-président de Norbourg a déclaré que rien dans la preuve soumise au tribunal depuis le début de son procès ne peut permettre de conclure qu’il n’y a pas eu 137 retraits irréguliers de 115,3 M$ dans les Fonds Éloria, Norbourg et Évolution.

M. Lacroix a aussi avoué que la preuve démontre qu’il est l’auteur de la grande majorité des demandes de retraits irréguliers dans l’argent des investisseurs.

Il a de plus concédé qu’il ne peut contredire avec des éléments de preuve que ces ponctions ont faussé la valeur déclarée des fonds.

Finalement, Vincent Lacroix n’a pu donner la moindre raison au juge Leblond de mettre en doute le fait que Norbourg, sous sa gouverne, a publié de faux documents, dont des états financiers.

Force est de constater que pour un gars qui avait décidé de se tenir coi en annonçant qu’il renonçait à présenter une plaidoirie, hier matin, M. Lacroix en a finalement dit beaucoup.

Manifestement, le juge Leblond attendait le coup de théâtre préparé par M. Lacroix, après une interruption du procès pendant presque trois semaines pour la préparation des plaidoiries.

L’étape précédente ne s’était-elle pas terminée avec la décision in extremis de M. Lacroix de ne faire entendre aucun témoin pour sa défense?

Dès que M. Lacroix a annoncé ses intentions de ne rien soumettre en plaidoirie, le juge Leblond a répliqué qu’il avait des questions.

Forcer une plaidoirie

«Je ne vous demande pas de témoigner. Je veux avoir votre position sur les conclusions que je dois tirer de la preuve sur les 51 chefs» d’accusation, a dit le juge Leblond.

Le magistrat a pris un à un les constats d’infraction, il a résumé la preuve de la poursuite à leur sujet, puis a demandé à M. Lacroix s’il pouvait lui indiquer un élément déjà déposé en preuve et qui tendrait à le disculper.

«Non», finissait par répondre M. Lacroix.

En après-midi, le juge Leblond ne s’est pas caché que l’exercice visait à forcer M. Lacroix à faire indirectement une plaidoirie.

«C’est pour susciter votre plaidoirie que je vous pose des questions basées sur la preuve», a déclaré le juge.

Après l’audience, Vincent Lacroix a dit avoir été surpris par l’initiative du juge Leblond.

«Je ne comprends pas le processus. De ce que je comprends, je n’avais pas le choix (de répondre). Je ne m’attendais pas à ça. J’ai trouvé la journée difficile. J’aurais peut-être dû présenter une défense», a dit M. Lacroix en rafale.

Le fait que le patron déchu de Norbourg n’ait pas fait entendre de témoins ou témoigné lui-même a restreint sa marge de manoeuvre hier. Les plaidoiries ne peuvent en effet faire référence qu’à des éléments déposés devant le tribunal, dont par les témoignages.
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mer 24 Oct - 7:41

Vincent Lacroix digère mal sa défaite
Lacroix évoque la possibilité d'aller en appel
Mise en ligne 24/10/2007 06h21

© ARGENT
Alain Bisson

Le Journal de Montréal

Vincent Lacroix aurait dans l’idée de jouer la carte de l’appel en invoquant son incapacité d’exercer une défense pleine et entière qu’il ne s’y serait pas pris autrement.

Il a d’abord décidé de ne pas faire entendre une quinzaine de témoins, lundi après-midi, en faisant siens les motifs de non-pertinence donnés par le juge Claude Leblond pour écarter la première dizaine de personnes qu’il a appelées à la barre.

Puis, hier matin, pour les mêmes raisons, M. Lacroix, qui se défend seul, a avisé le tribunal qu’il renonçait à témoigner lui-même et à appeler Éric Asselin.

Pendant une conversation avec le représentant du Journal en fin de matinée, l’ex-président de Norbourg a avancé qu’il a été déstabilisé par le juge Leblond et qu’il n’est pas certain qu’il avait les idées claires quand il a pris ces décisions, lundi soir.

« J’ai décidé de ne pas témoigner en regardant le match du Canadien à la télé [lundi soir]. Est-ce que j’étais en état de le faire, je ne sais pas.

« J’avais construit ma défense comme un édifice et là, je ne me retrouvais qu’avec un toit. C’est tout ou rien. Ça n’aurait servi à rien de faire témoigner M. Asselin ou de témoigner moi-même », a-t-il dit.

Calcul ou désarroi ?

En fin de journée, M. Lacroix a admis qu’un appel fait partie de ses scénarios. « J’y vais étape par étape. C’est certain que je vais regarder de ce côté-là. » Calcul ou réel désarroi, tout ça ? Difficile de trancher.

Ceci dit, témoigner est souvent un exercice périlleux pour les accusés et Vincent Lacroix n’aurait très certainement pas fait exception.

Le président déchu de Norbourg aurait dû se soumettre au contre-interrogatoire de l’avocat de la poursuite, Éric Downs. Et ce dernier aurait pu mettre M. Lacroix en contradiction avec les admissions qu’il a déjà faites au sujet du scandale Norbourg devant le syndic de faillite, à l’automne et au début de l’hiver 2006.
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mer 24 Oct - 6:57

Vincent Lacroix digère mal sa défaite
«J'aurais mieux aimé me faire frapper par un Ready Mix»
Mise en ligne 24/10/2007 06h14

La preuve est donc close et les plaidoiries débuteront le 12 novembre. © ARGENT
Lacroix évoque la possibilité d'aller en appel

Alain bisson

Le Journal de Montréal

Après avoir vu le juge Claude Leblond écarter une dizaine de témoins de l’AMF qu’il voulait faire entendre, et d’en avoir lui-même retiré une quinzaine d’autres, lundi, l’ex-président de Norbourg s’était donné la soirée et la nuit d’hier pour réfléchir à la suite des choses.

Il devait décider s’il ferait témoigner son ex-bras droit et délateur du scandale Norbourg, Éric Asselin, et s’il témoignerait lui-même.

À la reprise du procès, hier matin, M. Lacroix s’est levé et a dit au juge Leblond qu’il annulait l’assignation à comparaître d’Éric Asselin. Du même souffle, il a indiqué qu’il ne témoignerait pas pour sa défense.

L’avocat de la poursuite, Éric Downs, a alors suggéré un report du procès à lundi prochain, et le juge Leblond a demandé à Vincent Lacroix si ce délai pouvait lui faire reconsidérer sa décision. M. Lacroix a répondu que non. « Est-ce que je dois comprendre que la défense de M. Lacroix est terminée ? », a demandé Me Downs.

« Quelle défense ? », a lancé Vincent Lacroix avec un air de dérision.

À la dure

Manifestement, Vincent Lacroix a pris très dur de ne pas pouvoir faire entendre les personnes qu’il voulait, pour cause de non-pertinence par rapport aux accusations déposées contre lui, a tranché le juge Leblond.

« J’aurais mieux aimé me faire frapper par un Ready Mix (une bétonneuse) », a déclaré M. Lacroix à l’extérieur du tribunal.

Pendant une conversation avec le représentant du Journal, Vincent Lacroix a envisagé les options qui lui restent pour faire valoir sa version des faits d’ici à la fin de son procès et il a évoqué à quelques reprises l’étape des représentations sur sentence.

- « Vous semblez donc tenir pour acquis que le juge va prononcer un verdict de culpabilité », a soumis le Journal.

- « Mon verdict, je l’ai eu hier [lundi] », a-t-il dit.

Depuis le début de son procès, Vincent Lacroix n’a jamais vraiment tenté de se disculper des 51 chefs d’accusation déposés contre lui, entre autres parce que la preuve à son endroit est écrasante.

Mais il ne voulait pas être le seul à couler et espérait expliquer les circonstances de l’affaire Norbourg en faisant entre autres la démonstration de l’incurie de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de divers autres acteurs des marchés financiers, dont le gardien des valeurs Northern Trust.

« Mon but était d’expliquer ce qui s’est passé, d’expliquer plus large que les 51 chefs d’accusation », a précisé M. Lacroix en fin de journée.

Mais le juge Claude Leblond ne l’a pas laissé faire parce que l’accusé en procès devant lui était Vincent Lacroix et personne d’autre.

La preuve est donc close et les plaidoiries débuteront le 12 novembre. Elles devraient durer une semaine.

abisson@journalmtl.com
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mar 23 Oct - 6:28

Le juge reprend Vincent Lacroix
«Je me suis fait voler alors je vais voler mon voisin» n'est pas une défense
Mise en ligne 23/10/2007 04h00

Alain Bisson
Le Journal de Montréal

«C’est pas une défense, ça. Je me suis fait voler alors je vais voler mon voisin», a dit le juge Claude Leblond à Vincent Lacroix, hier.

La réplique du magistrat est tombée lorsque M. Lacroix tentait de justifier son appel à la barre de Martine Dubreuil, une employée de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

En substance, l’ex-président de Norbourg a expliqué que son témoignage l’intéressait parce que Mme Dubreuil avait fait l’inspection des Fonds Évolution avec leur acquisition par Norbourg, en décembre 2003.

Il a précisé que ce témoignage aurait un lien avec les accusations de manipulation des valeurs des fonds auxquelles il fait face.

Sa thèse est la suivante: Norbourg a hérité d’un trou de plus de 20 M$ en achetant les Fonds Évolution de Capital Teraxis, qui était propriété de la Caisse de dépôt et placement à hauteur de 80 %. Donc, selon M. Lacroix, la société n’avait d’autres choix que de piger dans les actifs d’autres fonds pour combler ce trou (le fameux trou de la Caisse que l’ex-patron de Norbourg a maintes fois évoqué depuis le début de son procès).

«S’il manque des sommes à cette époque, comment ne peut-on pas manipuler les valeurs après ça. Pour certains fonds, on était devant un fait accompli», a dit Vincent Lacroix.

C’est à ce moment que le juge Leblond est intervenu: «Ce n’est pas une défense, ça. Je me suis fait voler alors je vais voler mon voisin.»

Le juge a donc cassé l’assignation à comparaître de Mme Dubreuil parce que Vincent Lacroix ne pourrait vraisemblablement rien en tirer qui le disculperait d’une ou des 51 accusations déposées contre lui.
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Jeu 18 Oct - 7:21

Procès de Vincent Lacroix
L'AMF a terminé sa preuve
Mise en ligne 18/10/2007 06h21

Vincent Lacroix ARGENT
Alain Bisson
Le Journal de Montréal

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a mis fin hier au dépôt de sa preuve contre Vincent Lacroix, au 44e jour du procès pénal du président déchu de Norbourg.

La démonstration de la poursuite s’est terminée avec le témoignage et le contre-interrogatoire par M. Lacroix de Guylaine Leclerc, juricomptable et enquêteuse dans le dossier Norbourg.

Mme Leclerc était le 18e témoin appelé à la barre par l’avocat de l’AMF, Éric Downs.

C’est maintenant à Vincent Lacroix d’orchestrer sa défense, ce qu’il tentera de faire à compter de lundi. Il fait face à 51 chefs d’accusation en lien avec la Loi sur les valeurs mobilières.

Ce ne sera pas une mince tâche, ne serait-ce que parce que la grande majorité des témoins qu’il entend appeler lui seront «hostiles».

Ce sera le cas de Jean Laurin et Vincent Mascolo, de l’AMF, les deux premières personnes que M. Lacroix veut faire entendre.

Éric Asselin et Michel Fragasso ne seront assurément pas mieux disposés envers lui.

Le premier est l’ex-vice-président, finances de Norbourg et celui qui a dénoncé Vincent Lacroix aux autorités. M. Lacroix a indiqué qu’il prévoit « cuisiner » M. Asselin pendant cinq jours.

M. Fragasso, de son côté, était président de Teraxis, la firme qui a vendu les fonds Évolution à Norbourg, en décembre 2003, et qui était détenue à 80% par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

15 jours d’interrogatoire

Depuis le début de son procès, Vincent Lacroix soutient avoir hérité d’un trou de plus de 20 M$ dans le solde de ces fonds et a tenté à de nombreuses reprises, mais sans grand succès, d’en faire la démonstration. Au total, M. Lacroix prévoit consacrer 15 jours à l’interrogatoire de quelque 10 personnes, a-t-il dit au juge Claude Leblond.

Sa liste de témoins potentiels comprend également des représentants de la Caisse de dépôt, de Revenu Québec, de la firme de vérificateurs KPMG, du gardien de valeurs Northern Trust et d’anciens collaborateurs chez Norbourg, dont les avocats Alain Dussault et Christian Joly.

Par ailleurs, la comptable Guylaine Leclerc a passé l’essentiel de la journée d’hier à expliquer le contenu d’un rapport terminé au début du mois et destiné à river le clou à la théorie du trou de 20 M$ de Vincent Lacroix.

Selon l’ex-président de Norbourg, le manque à gagner a été découvert en mars 2004 lors du transfert des actifs des fonds Évolution entre Trust Banque Nationale et le nouveau gardien de valeurs, Northern Trust.

Voici ce qu’avance Mme Leclerc à ce sujet : «Nous pouvons conclure que les unités inscrites chez Trust Banque Nationale au 31 mars 2004 ont toutes été finalement inscrites aux relevés du gardien de valeurs Northern Trust au 31 août 2004.»

Le procès de Vincent Lacroix fait relâche jusqu’à lundi.
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Mar 16 Oct - 7:40

Procès de Vincent Lacroix
De faux revenus étaient déclarés
Mise en ligne 16/10/2007 04h00


Alain Bisson
Le Journal de Montréal

La production de faux états financiers a débuté dès l’automne 2000 chez Norbourg, avec pour dessein de présenter une image avantageuse de l’entreprise, de masquer les retraits frauduleux dans l’argent des investisseurs et de confondre l’Autorité des marchés financiers (AMF).

C’est ce qu’a tenté de démontrer hier la comptable agréée Guylaine Leclerc, présidente de la firme Leclerc Juricomptables, au procès de Vincent Lacroix.

Son impressionnant curriculum vitæ et le rôle central joué par sa société dans l’enquête sur Norbourg et M. Lacroix ont valu à Mme Leclerc d’avoir été reconnue experte par le juge Claude Leblond, de la Cour du Québec.

Chiffres, beaucoup de chiffres à l’appui, la comptable a décortiqué les états financiers de la société Norbourg Gestion d’actifs (NGA) pour les années 2000 à 2003.

Ses conclusions: au 30 juin 2003, des retraits de plus de 10 M$ dans l’argent des investisseurs avaient été maquillés afin de passer pour des revenus (faux) de NGA ou des mises de fonds (fausses également) de Vincent Lacroix dans le capital-actions de la société.

Sur les 51 chefs d’accusation déposés contre M. Lacroix, neuf ont trait à la production de faux états financiers fournis à l’AMF dans le cadre des obligations réglementaires de Norbourg ou à la suite de demandes spécifiques faites pendant les enquêtes administratives de l’organisme de surveillance.

De faux clients

Selon Mme Leclerc, les manipulations comptables effectuées dans les documents officiels tentaient, entre autres, de faire croire que M. Lacroix avait injecté plus de 4,8 M$ de sa poche dans le capital-actions de NGA au 30 juin 2003.

«Cet argent n’est pas du capital-actions, il doit plutôt être considéré comme une dette» envers les investisseurs, a déclaré Mme Leclerc.

De faux revenus étaient aussi comptabilisés, toujours dans le but de donner une apparence légitime aux retraits irréguliers imputés à M. Lacroix.

C’est ainsi que NGA a déclaré un chiffre d’affaires de 728 828 $ pour la gestion des portefeuilles de 6 clients au cours de l’exercice 2001-2002.

Mais aucun d’entre eux - Vincent Lacroix lui-même figurait sur la liste - n’était un véritable client de la société, et ils n’ont jamais versé un cent de ces prétendus 728 828 $, a soutenu Mme Leclerc.

√ La juricomptable Guylaine Leclerc reprend son témoignage ce matin et passera au peigne fin les états financiers 2004 de Norbourg Gestion d’actifs.
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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Ven 5 Oct - 7:35

Mise à jour: 05/10/2007 04:00
Lacroix promettait de la lumière avec Northern Trust
Son contre-interrogatoire se termine sans éclairage




Alain Bisson
Le Journal de Montréal
Vincent Lacroix promettait de jeter un éclairage sur le scandale Norbourg avec le contre-interrogatoire du gardien de valeurs Northern Trust. Mais il a mis un terme à ses questions, hier en fin de matinée, sans avoir fait la lumière sur les fondements de sa défense.

Toute l’assistance, y compris le juge Claude Leblond, de la Cour du Québec, présumait que M. Lacroix mettait la table pour un menu plus soutenant avec les questions pointues et techniques posées depuis mercredi à Veda Nancoo, vice-présidente de Northern Trust.

Le magistrat a d’ailleurs fait un commentaire en ce sens à l’ex-président de Norbourg. Et Vincent Lacroix lui a répondu : « Tout à fait, Monsieur le juge. »

Après s’être inquiété de savoir si Northern Trust gardait l’argent des fonds Norbourg et Évolution à Toronto, Chicago ou Londres, après avoir laissé entendre sans plus d’explications que de fausses transactions réalisées pour de faux clients - selon la thèse de l’Autorité des marchés financiers - avaient bel et bien été exécutées par Norbourg, M. Lacroix a bouclé son contre-interrogatoire avant la pause du midi.

« Je me suis rendu compte que ça ne servait à rien d’aller plus loin avec Mme Nancoo, que je n’aurais pas de réponse à mes questions », a-t-il déclaré au Journal, à l’extérieur du tribunal.

Ce n’est pas la première fois que M. Lacroix sert cette explication aux journalistes.

Force est de constater que Vincent Lacroix a plus d’une fois abouti dans un cul-de-sac au cours des 40 premiers jours d’audience de son procès pénal.

Une preuve documentée
Il ne semble pas en mesure d’ébranler sérieusement l’imposant édifice de la preuve déposée contre lui et selon laquelle il est responsable de 137 retraits frauduleux de 115,3 M$ réalisés dans les fonds Norbourg et Évolution.

Peut-être est-ce par manque de moyens ou de connaissances juridiques ? Ce sera au juge Leblond de décider si c’est tout simplement parce que les faits parlent d’eux-mêmes.

Le procès Lacroix reprend aujourd’hui pour quelques heures et fera relâche au cours de la semaine de l’Action de grâce.

Au retour, le tribunal entendra Guylaine Leclerc, de Leclerc Juricomptable, la firme qui a « monté » de la preuve documentaire contre l’ex-président de Norbourg. Mme Leclerc devrait être le dernier témoin de la poursuite.

Vincent Lacroix fera ensuite défiler les siens. Plusieurs d’entre eux seront contraints, ce qui en fera probablement des témoins « hostiles ». M. Lacroix ne pourra pas préparer leur témoignage avec eux et devra tenter de leur tirer les vers du nez sans savoir ce qu’ils répondront à ses questions.

Vincent Lacroix a déjà indiqué qu’il avait l’intention d’appeler à la barre un minimum d’une douzaine de personnes, dont Éric Asselin, ex-vice-président, finances de Norbourg et dénonciateur du scandale Norbourg, et Michel Fragasso, ex-président de Capital Teraxis.





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MessageSujet: Re: Journal de Montéal   Jeu 4 Oct - 7:28

Mise à jour: 04/10/2007 04:00
Trou de 20 M$ de Norbourg
L'AMF a dans sa manche une autre enquête pour prouver le contraire




Alain Bisson
Le Journal de Montréal
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a dans sa manche une enquête menée ces dernières semaines et qui ajouterait le dernier clou au cercueil de la théorie du «trou de 20 M$» de Vincent Lacroix.

L’avocat de l’AMF, Éric Downs, a été forcé d’ouvrir son jeu à ce sujet hier au procès pénal de l’ex-président de Norbourg.

Dans le cadre de la divulgation de la preuve, Me Downs a remis une copie de ce rapport d’enquête à M. Lacroix, mais ne l’avait pas encore déposé.

Cependant, M. Lacroix y a fait référence en après-midi lors de son contre-interrogatoire de Veda Nancoo, vice-présidente du gardien de valeurs Northern Trust. Le document a donc été déposé.

Il fait un suivi plus serré de la transition des actifs des fonds Évolution amorcée en avril 2004 entre le gardien de valeurs précédent, Trust Banque Nationale, et Northern Trust, a expliqué Me Downs.

«La conclusion, c’est l’absence d’un trou quelconque», a-t-il ajouté à l’adresse du juge Claude Leblond.

L’avocat a indiqué que l’auteure du rapport, Guylaine Leclerc, de Leclerc Juricomptable, sera le dernier témoin de la poursuite et qu’elle pourrait témoigner au sujet des résultats de son enquête.

«Nous allons voir s’il est pertinent de revenir là-dessus. Le trou a été bétonné à quelques reprises» depuis le début du procès, a soumis Me Downs, à l’extérieur de la salle d’audience.

Scène 1, prise 4

Vincent Lacroix a en effet tenté à au moins quatre reprises, avec autant de témoins, de faire de sa théorie une réalité.

Il n’y est pas parvenu jusqu’ici lors de ses contre-interrogatoires. Reste à voir ce qu’il réussira à accomplir lorsqu’il aura ses propres témoins à la barre.

Selon M. Lacroix, il y avait un « trou » de quelque 20 M$ lorsque Norbourg a pris possession des fonds Évolution, achetés en décembre 2003 de Capital Teraxis. La société vendeuse était détenue à 80 % par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Cela dit, une éventuelle démonstration de sa thèse par M. Lacroix ne l’aiderait pas beaucoup à se disculper des 137 retraits irréguliers de 115,3 M$ qu’il est accusé d’avoir réalisés dans les fonds Norbourg et Évolution. Peut-être essaie-t-il de s’aménager de très lointaines circonstances atténuantes ou encore cherche-t-il, si l’issue de son procès le mène là, à ne pas couler seul?

Par ailleurs, le contre-interrogatoire de Veda Nancoo s’est poursuivi sur le même octave que l’interrogatoire en chef, soit une présentation et une analyse arides d’une série de documents.

Il est assez évident que M. Lacroix tente une nouvelle fois de tisser sa toile avec ses questions au sujet des actifs contenus dans les fonds Évolution, plus particulièrement les cinq fonds Perfolio, au printemps et à l’été 2004. C’est la période charnière de la thèse du «trou de la Caisse». √ Vincent Lacroix continue aujourd’hui le contre-interrogatoire de Veda Nancoo.





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